La série préoccupante d’incendies qui ravagent, depuis plusieurs semaines, des maisons d’habitation dans différents quartiers et avenues de Bukavu, au Sud-Kivu, touche désormais plusieurs secteurs de la vie sociale. En moins d’un mois, au moins cinq établissements scolaires et trois églises ont été touchés par les flammes, tandis qu’un centre de santé a également été endommagé.
Ces sinistres privent des centaines d’élèves de leurs salles de classe, de nombreux fidèles de leurs lieux de culte et perturbent l’accès aux soins pour certains habitants, aggravant davantage les difficultés quotidiennes dans une ville déjà confrontée à de nombreux défis.
Cinq établissements scolaires touchés
Le 2 septembre 2026, deux établissements scolaires de Cahi, dans la commune de Bagira, ont été ravagés par un incendie sur l’avenue Mpoko. Il s’agit de l’École primaire Uhuru et de l’Institut Fariala.
Selon Ahadi Cimalamungo, préfet de l’Institut Fariala, le sinistre a fortement affecté les activités scolaires, privant environ 600 élèves de leurs salles de classe. Des infrastructures et du matériel scolaire ont été complètement détruits par les flammes.
Le responsable appelle les personnes de bonne volonté, les autorités ainsi que les organisations œuvrant dans le secteur de l’éducation à apporter leur soutien pour la reconstruction des bâtiments et l’acquisition de nouveaux matériels pédagogiques.
Quelques jours plus tard, dans l’avant-midi du 10 septembre, deux autres établissements, le Complexe scolaire Furaha et le Complexe scolaire Ujamaa, ont été ravagés par les incendies enregistrés à Cimpunda, dans la commune de Kadutu.
Une source proche du promoteur de ces établissements estime à environ 900 le nombre d’élèves privés de salles de classe à la suite de ce sinistre.
La commune d’Ibanda n’est pas non plus épargnée. Dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 septembre 2026, un incendie ayant détruit plus de 200 maisons sur les avenues Pesage 2 et Irambo 2, dans le quartier Nyalukemba, a également complètement ravagé le Complexe scolaire Élite de Demain.
Le nombre exact d’élèves affectés par ce dernier sinistre n’est pas encore connu.
Des églises également touchées
Les lieux de culte ne sont pas épargnés par cette série d’incendies.
À Cimpunda, le bâtiment de l’église Filadelphie Kristu ni Jibu a été entièrement calciné lors des incendies du 10 septembre.
Sur les avenues Pesage 2 et Irambo 2, dans le quartier Nyalukemba, deux autres églises auraient également été détruites, selon la Société civile.
Ces lieux de culte, fréquentés par de nombreux croyants, sont aujourd’hui réduits en cendres, privant leurs fidèles de leurs espaces habituels de prière et de rassemblement.
La proximité entre certaines églises et les habitations soulève également des interrogations sur les conditions dans lesquelles ces bâtiments sont implantés.
Dans plusieurs cas, des lieux de culte se trouvent sur les mêmes parcelles que des habitations ou à proximité immédiate de celles-ci. Cette situation pose notamment la question du respect des normes d’implantation, de construction et de sécurité ainsi que des autorisations nécessaires à leur fonctionnement.
Des structures sanitaires affectées
Le secteur de la santé est lui aussi concerné.
Selon le témoignage d’un habitant, une partie du centre de santé Bon Samaritain, dans le quartier Nyalukemba, aurait été endommagée par les flammes lors de l’incendie survenu dans la nuit du 20 au 21 septembre.
La structure n’aurait pas été entièrement détruite, mais le fait qu’un établissement de soins ait été touché constitue un signal d’alerte pour les responsables des structures sanitaires publiques et privées.
La récurrence des incendies à Bukavu met ainsi en évidence la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de sécurité dans les habitations, les établissements scolaires, les lieux de culte, les structures sanitaires et les maisons de commerce.
Dans ce contexte, les mesures récemment annoncées par les autorités locales, notamment l’obligation de disposer d’au moins un extincteur dans les habitations et les établissements, placent davantage la prévention et la capacité de première intervention au cœur de la lutte contre les incendies.
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La multiplication des sinistres rappelle également l’importance du respect des normes de construction, de la préservation des voies d’accès et de la disponibilité des moyens permettant aux secours d’intervenir rapidement dans les zones touchées.
