Au moins 24 civils auraient été tués depuis le 21 août 2026 dans plusieurs attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la chefferie des Babila-Babombi et le groupement Babila-Teturi, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Le bilan, encore provisoire, est rapporté par l’Action pour la Promotion et la Défense des Droits des Personnes (APDEF) Mambasa et la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC). Plusieurs personnes restent portées disparues et certains corps n’ont toujours pas été inhumés.
Au moment de la publication de cet article, aucune autorité civile ou militaire n’avait officiellement communiqué sur cette nouvelle série d’attaques.
Une série d’attaques depuis Ngombari
Selon l’équipe de monitoring de l’APDEF Mambasa, les premières attaques ont été signalées le 21 août à Ngombari, où plusieurs civils auraient été tués tandis que d’autres auraient été emmenés par les assaillants.
Les hommes armés auraient ensuite poursuivi leur progression vers Kalunga puis Cicio. Sur cet axe, l’APDEF affirme avoir recensé 16 corps, parmi lesquels celui de Kambale Croix Rouge, un habitant de Biakato, dans le bloc Mupanda B.
L’organisation indique également que des informations recueillies sur le terrain situeraient désormais un bastion des ADF au confluent des rivières Ebiena et Ituri.
Face à cette situation, l’APDEF appelle les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à adapter leur stratégie militaire afin de prévenir de nouvelles attaques contre les populations rurales.
Cette nouvelle alerte intervient alors que l’activisme des ADF reste élevé dans le territoire de Mambasa, malgré les opérations militaires en cours. Les organisations de défense des droits humains affirment que les attaques touchent notamment les populations civiles, y compris des agriculteurs jusque dans leurs champs.
Trois nouvelles victimes découvertes à Kalonge
Dans une autre alerte rendue publique dimanche, le coordonnateur de la NSCC du groupement Babila-Teturi, Grâce Kakundo Kasamba, a fait état de la découverte de trois nouveaux corps à Kalonge, à environ trois kilomètres de Teturi-Centre.
Les victimes ont été identifiées comme Omer, Asifiwe et Pascal Kalipi. Selon la NSCC, elles auraient été retrouvées égorgées à environ 150 mètres de la Route nationale numéro 44 (RN44).
La même organisation précise que Pascal Kalipi a été retrouvé dans le champ de son employeur à Lengwe, à près d’une heure de marche de Pekele. Il serait originaire de Munoli Ngupa, vers Musienene.
Des dépouilles retrouvées dans plusieurs localités
La NSCC rapporte également la découverte d’un corps en état de décomposition à Linjanza et d’une autre dépouille à Maibo.
L’organisation indique par ailleurs que les trois corps retrouvés précédemment à Ngombari n’avaient toujours pas été inhumés, plusieurs jours après leur découverte.
Plusieurs habitants restent également portés disparus, notamment dans la localité de Kiki. Une fillette de six ans qui avait été retenue par les assaillants aurait toutefois été relâchée.
En consolidant les informations communiquées par l’APDEF et la NSCC, le bilan provisoire fait état d’au moins 24 civils tués dans cette nouvelle vague de violences, avec 16 corps recensés entre Kalunga et Cicio, trois à Ngombari, trois à Kalonge, ainsi que les dépouilles signalées à Linjanza et Maibo.
La Société Civile appelle à une réponse urgente
Face à cette succession d’attaques, Grâce Kakundo Kasamba, coordonnateur de la NSCC Babila-Teturi, dénonce ce qu’il considère comme un décalage entre les priorités des autorités et l’urgence sécuritaire vécue par les populations.
« Pendant que nos autorités se concentrent sur la question de l’incivisme fiscal dans le territoire de Mambasa, la population continue d’être victime d’assassinats du matin au soir », déclare-t-il.
De son côté, l’APDEF Mambasa plaide pour une révision du dispositif opérationnel des FARDC.
La NSCC demande, pour sa part, au gouvernement d’organiser l’inhumation digne des victimes, d’intensifier les recherches afin de retrouver les personnes disparues et de renforcer la protection des populations vivant dans les zones rurales les plus exposées.
Malgré la gravité des faits rapportés par les organisations de la société civile et de défense des droits humains, aucune réaction officielle des autorités civiles, militaires ou provinciales n’avait encore été enregistrée au moment de la publication.
