À quelques semaines de la rentrée scolaire, le marché Baba Chingazi de Bukavu connaît une affluence inhabituelle. Les vendeurs d’uniformes, de chaussures, de sacs et de fournitures scolaires peinent à écouler leurs stocks, dans un contexte où de nombreux parents disent manquer de moyens financiers.

À l’approche de la rentrée scolaire, l’ambiance est loin de celle observée habituellement à cette période au marché Baba Chingazi. Les étals sont bien approvisionnés en uniformes, chaussures, sacs et fournitures scolaires, mais les clients se font rares.

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Les commerçants, qui avaient constitué leurs stocks en prévision de cette période jugée généralement favorable aux affaires, s’inquiètent désormais de la faiblesse des ventes. Plusieurs affirment également faire face à des négociations de prix beaucoup plus importantes de la part des parents.

« Avant, nous vendions l’uniforme original à 5 dollars. Aujourd’hui, les parents marchandent jusqu’à 4 dollars, alors que c’est pratiquement notre prix d’achat en gros », témoigne une vendeuse d’uniformes interrogée par La Prunelle FM.

Des stocks importants, mais peu d’acheteurs

L’inquiétude est également perceptible chez les vendeurs de chaussures et de sacs. Certains expliquent avoir contracté des dettes pour constituer leurs stocks, en comptant sur les ventes de la rentrée scolaire pour récupérer leur investissement.

« J’avais emprunté de l’argent pour acheter la marchandise en gros en pensant que nous allions vendre pour la rentrée. D’habitude, le 17 août, nous commençons à beaucoup vendre, mais cette fois les parents disent qu’il n’y a pas d’argent. Nous gardons espoir », explique un commerçant.

Cette faible fréquentation intervient alors que les commerçants avaient anticipé une augmentation de la demande à l’approche de la rentrée.

Pour plusieurs d’entre eux, cette situation serait notamment liée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages et au chômage, qui limiteraient la capacité des parents à effectuer les achats scolaires.

Des recettes qui chutent

Une vendeuse de chaussettes, de sous-vêtements et d’uniformes affirme ainsi enregistrer une forte baisse de ses recettes quotidiennes.

« La rentrée approche, mais les parents ne viennent pas acheter. Nous clôturons parfois la journée avec 10.000 ou 20.000 francs congolais, alors qu’avant nous faisions 100.000 et parfois 200.000 francs. Nous n’arrivons pas à comprendre si c’est dû à la crise », déplore-t-elle.

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Pour ces commerçants, la situation devient préoccupante, particulièrement pour ceux qui ont investi leurs économies ou emprunté de l’argent afin de se préparer à la rentrée.

Les commerçants gardent espoir

Malgré cette situation, les vendeurs espèrent encore une amélioration de l’activité dans les prochains jours. Ils appellent notamment les parents à venir progressivement s’approvisionner en fonction de leurs moyens.

« Que Dieu vienne en aide aux parents pour qu’ils viennent acheter les uniformes, les sacs et les cahiers, parce que nous n’irons nulle part avec tout ça », lance une commerçante.

À quelques semaines de la rentrée scolaire, les étals restent donc remplis au marché Baba Chingazi, mais l’affluence attendue tarde à se manifester. Pour les commerçants, les prochains jours seront déterminants pour écouler les stocks constitués en prévision de cette période.

Marie-Paule Chirha

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