Des habitants de Bukavu expriment leur inquiétude face à la modification des tarifs et des durées de validité de certaines offres internet. Des revendeurs de crédits et de forfaits affirment que ces changements affectent leur activité et provoquent des incompréhensions avec les clients, tandis que plusieurs utilisateurs dénoncent une consommation plus rapide de leurs mégas.
À Bukavu, la modification de certaines offres de connexion internet suscite des réactions parmi les consommateurs et les petits revendeurs. Ces derniers affirment avoir constaté de nouvelles conditions tarifaires qui réduisent, dans certains cas, la durée de validité des forfaits sans changement correspondant du prix.
Selon les témoignages recueillis par La Prunelle RDC, une offre de 1 Go qui était auparavant valable pendant 48 heures pour 1.500 francs congolais est désormais proposée avec une validité de 24 heures au même prix.
Les revendeurs évoquent également une modification concernant les forfaits de plus grande capacité. Une offre de 2 Go valable 48 heures et vendue à 2.000 francs congolais aurait été remplacée par une offre de 1 Go valable 72 heures au même prix, selon les témoignages recueillis.
Des revendeurs confrontés à l’incompréhension des clients
Ces changements compliquent le travail quotidien des vendeurs d’unités et de forfaits internet. Certains expliquent que les clients, habitués aux anciennes conditions, pensent parfois que la réduction de la durée ou du volume des forfaits est liée aux pratiques des revendeurs.
« Nous avons remarqué ces modifications en voulant vendre des mégas aux clients. Cela nous fait perdre des clients, car ils pensent que le problème vient de nous, les vendeurs », témoigne l’un des revendeurs interrogés.
Pour ces petits opérateurs, la situation entraîne également une baisse de la clientèle et, par conséquent, une diminution de leurs revenus.
Un autre vendeur déplore surtout l’absence d’explications claires au moment où les nouvelles conditions ont été appliquées.
« Ces modifications sont subitement survenues sans aucune explication et cela a causé de nombreuses incompréhensions entre nous, vendeurs, et acheteurs. Il est difficile d’expliquer aux clients que cela ne dépend pas de notre volonté », explique-t-il.
Les revendeurs demandent ainsi aux opérateurs de télécommunications davantage de communication sur les changements apportés aux différentes offres.
Des utilisateurs dénoncent une consommation plus rapide
Du côté des consommateurs, les réactions sont également nombreuses. Plusieurs usagers estiment que les nouvelles conditions rendent l’accès à internet plus coûteux et réduisent leur capacité à utiliser les services numériques au quotidien.
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Certains affirment notamment constater une consommation particulièrement rapide de leurs forfaits, y compris lors d’une utilisation courante des applications de messagerie.
« Nous n’apprécions pas ces changements parce que la consommation des mégas est devenue plus rapide. On achète deux gigas qui faisaient deux jours, aujourd’hui cela finit en une heure trente minutes juste en étant connecté sur WhatsApp », témoigne un usager.
Pour les personnes dont l’activité professionnelle dépend fortement d’internet, cette situation constitue une difficulté supplémentaire.
Un vendeur de téléphones explique notamment que son travail l’oblige à rester régulièrement connecté pour configurer les appareils de ses clients. Il affirme que ces derniers peuvent parfois soupçonner une utilisation abusive de leurs données lorsqu’il intervient sur leurs téléphones.
« Mon activité m’exige parfois de paramétrer les téléphones des clients. Alors les clients croient qu’on leur vole les mégas en les partageant. Notre activité nécessite une présence constante en ligne, cela nous pénalise », déplore-t-il.
Des appels à des tarifs plus accessibles
Face à ces changements, des habitants de Bukavu demandent aux opérateurs de télécommunications de revoir leurs offres ou, à défaut, de fournir des explications précises sur les nouvelles conditions de commercialisation des forfaits.
Pour plusieurs usagers, l’objectif est de préserver un accès abordable à internet, devenu indispensable pour la communication, le commerce, l’éducation, les services numériques et de nombreuses activités professionnelles.
« Nous plaidons pour qu’on puisse régler le problème parce que je suppose qu’il y a certaines complications. Qu’ils nous ramènent nos tarifs d’avant », plaide un habitant.
Cette situation intervient alors que l’utilisation d’internet et des services numériques prend une place croissante dans la vie quotidienne en République démocratique du Congo. Pour les consommateurs comme pour les revendeurs, la question porte désormais autant sur le prix des forfaits que sur leur volume, leur durée de validité et la transparence des informations communiquées aux utilisateurs.
Marie-Paule Chirha et Marceline Linda
