La consommation croissante de boissons fortement alcoolisées à bas prix suscite de vives inquiétudes à Goma, où plusieurs acteurs sociaux et habitants alertent sur ses conséquences sanitaires et sécuritaires, particulièrement chez les jeunes. Facilement accessibles dans plusieurs quartiers de la ville, ces produits sont de plus en plus associés à des problèmes de dépendance, de délinquance et de détérioration du tissu social.

Selon les observations recueillies par un reporter de La Prunelle RDC, le marché local est marqué par la présence de nombreuses boissons alcoolisées vendues à des prix très abordables, parfois inférieurs à 1000 francs congolais. Certains de ces produits, dont l’origine et les conditions de fabrication restent difficiles à vérifier, suscitent des préoccupations quant à leur qualité et à leurs effets sur la santé des consommateurs.

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Dans plusieurs quartiers de la ville, des habitants estiment que cette consommation excessive touche particulièrement les jeunes confrontés au chômage, à la précarité économique et aux conséquences psychologiques liées au contexte sécuritaire de la région.

Un habitant rencontré dans un quartier périphérique explique que l’accessibilité de ces boissons constitue l’un des principaux facteurs de leur popularité auprès des adolescents et des jeunes adultes.

« Les causes profondes sont le chômage et les traumatismes, mais ces boissons sont vendues à des prix tellement bas qu’elles deviennent accessibles à presque tout le monde. Avec quelques centaines de francs, un jeune peut facilement s’en procurer », témoigne-t-il.

Au-delà des risques sanitaires, plusieurs observateurs établissent un lien entre l’abus d’alcool et certains comportements déviants observés dans la ville. Selon eux, la consommation excessive de boissons alcoolisées contribue à l’augmentation des violences, des troubles à l’ordre public et de diverses formes de délinquance.

Les familles figurent parmi les premières victimes de cette situation. De nombreux parents disent assister avec inquiétude à la dégradation du comportement de certains jeunes, confrontés à des problèmes de dépendance de plus en plus marqués.

« Nous voyons des jeunes perdre progressivement leurs repères. Certains abandonnent leurs études ou leurs activités, d’autres développent des comportements à risque qui affectent toute la famille », confie une mère de famille rencontrée par notre rédaction.

Face à cette situation, plusieurs acteurs communautaires appellent les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle de la production, de l’importation et de la commercialisation des boissons alcoolisées. Ils plaident également pour la mise en place de programmes de sensibilisation, de soutien psychologique et d’insertion socio-professionnelle destinés aux jeunes.

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Pour ces acteurs, la lutte contre ce phénomène ne peut se limiter à des mesures répressives. Elle doit également s’attaquer aux causes profondes que sont le chômage, la pauvreté, les traumatismes liés aux conflits et le manque d’opportunités pour la jeunesse.

Alors que les inquiétudes grandissent au sein de la population, plusieurs voix estiment qu’une action coordonnée entre les autorités, les familles, les écoles et les organisations de la société civile est nécessaire afin de préserver l’avenir d’une jeunesse déjà fortement éprouvée par les défis économiques et sécuritaires auxquels fait face la ville de Goma.

Julienne Lusungu 

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