La Société Civile Forces Vives de Rutshuru et le Conseil Territorial de la Jeunesse (CTJ) de Rutshuru accusent la société Domaine de Katale S.A. d’imposer des restrictions foncières aux communautés locales du groupement de Gisigari, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu. Les deux structures appellent les autorités à intervenir pour prévenir une escalade des tensions dans la zone.
Dans une déclaration conjointe rendue publique le 10 juin 2026, les deux organisations réagissent à un communiqué diffusé le 6 juin en swahili par la société dirigée par Victor Ngezayo. Selon elles, ce document interdit aux habitants de Katale, Buvunga, Rumangabo et des villages environnants d’exercer des activités agricoles, d’exploiter le bois ou de jouir de certaines terres considérées par les communautés comme leurs terres ancestrales, communément appelées « Zone Tampon ».
La société civile et le Conseil Territorial de la Jeunesse soutiennent que cette zone ne figure pas sur le croquis officiel de la concession de Katale S.A. et qu’elle est exploitée depuis plusieurs décennies par les populations locales pour leurs activités agricoles et de subsistance.
« Depuis l’acquisition de cette concession par son actuel propriétaire, les relations entre cette société et les communautés riveraines se sont progressivement détériorées », déclarent conjointement Jean-Claude Bambaze, président de la Société Civile Forces Vives de Rutshuru, et Patient Twizere, président du CTJ-Rutshuru.
Les deux organisations dénoncent ce qu’elles qualifient de tentatives répétées de restriction des activités traditionnelles et agricoles des populations locales. Elles estiment que ces activités constituent une source essentielle de revenus et de sécurité alimentaire pour les ménages vivant autour de la concession.
Selon la déclaration, des mécanismes de dialogue avaient déjà été mis en place par le passé sous l’égide des autorités afin d’apaiser des tensions similaires. Toutefois, les signataires craignent que le contexte sécuritaire actuel ne soit utilisé pour remettre en question les droits fonciers des communautés riveraines.
La Société Civile et le CTJ rappellent leur attachement à la coexistence pacifique entre investisseurs privés et populations locales. Ils plaident pour le respect des droits fonciers des communautés ainsi que pour le recours au dialogue comme principal mécanisme de résolution des différends.
Les deux structures dénoncent également toute tentative d’étendre les restrictions à des espaces relevant légalement de la zone tampon du Parc national des Virunga, estimant que ces espaces doivent continuer à bénéficier aux communautés conformément aux dispositions en vigueur.
Face à cette situation, elles exigent de Katale S.A. la restitution immédiate des terres de la Zone Tampon aux communautés locales et l’abandon de toute mesure unilatérale susceptible d’aggraver les tensions.
La Société Civile Forces Vives de Rutshuru et le Conseil Territorial de la Jeunesse appellent enfin les ministères compétents, les autorités administratives et coutumières, ainsi que les organisations de défense des droits humains à s’impliquer activement afin de favoriser une solution concertée et durable à ce conflit foncier.
