Un violent incendie a réduit en cendres plus d’une centaine de maisons ce mardi 9 juin 2026 sur l’avenue Camp-Régie, dans le quartier Cahi, en commune de Kadutu à Bukavu. Parmi les habitations détruites figure également celle du chef de Quartier, Akilimali Mubigalo Dieudonné. Si aucune perte en vie humaine n’a été signalée jusqu’à présent, des centaines de familles se retrouvent désormais sans toit et dans une situation de grande détresse.
Le sinistre s’est déclaré en pleine journée alors que les habitants vaquaient à leurs occupations habituelles. Selon plusieurs témoins, les flammes se sont propagées à une vitesse impressionnante, favorisées par la proximité des habitations et les rafales de vent qui soufflaient sur cette partie de la ville.
En quelques minutes seulement, l’avenue Camp-Régie s’est transformée en un immense brasier. Les flammes ont englouti maison après maison, ne laissant derrière elles que des décombres fumants. Les habitants, pris de panique, ont tenté de sauver ce qu’ils pouvaient de leurs biens avant d’être contraints de fuir pour échapper au feu.
Le bilan provisoire fait état de plus de 100 habitations complètement détruites. Des familles entières ont perdu leurs maisons, leurs meubles, leurs vêtements, leurs documents et l’ensemble de leurs biens. La résidence du chef de quartier n’a pas non plus échappé à la catastrophe.
Face à l’absence de moyens publics de lutte contre les incendies, la population s’est mobilisée dans un remarquable élan de solidarité. Des dizaines de jeunes du quartier ont bravé les flammes pour tenter de limiter les dégâts.
Armés de seaux, de bassins remplis d’eau, de sable et d’outils de fortune, ils ont mené une lutte acharnée contre le feu. Dans certains cas, des habitations ont même été partiellement démolies afin de créer des coupe-feux et empêcher la propagation des flammes vers d’autres zones du quartier.
« Gloire à Dieu, nous avons réussi à stabiliser la situation, mais ce n’était vraiment pas facile. Beaucoup de maisons sont parties en fumée. Sans le sacrifice et l’engagement des jeunes du quartier, la moitié de Cahi aurait pu disparaître », a déclaré Ombeni Zagabe, président du Comité Local de Développement (CLD) de Cahi.
Alors que les habitants tentaient de sauver leurs maisons, des scènes de désolation se sont multipliées. Des femmes en pleurs observaient leurs biens partir en fumée. Des enfants erraient dans les rues, incapables de comprendre ce qui venait de se produire. Des vieillards, impuissants, regardaient les flammes consumer les souvenirs de toute une vie.
Victime lui-même de cet incendie, le chef de quartier Akilimali Mubigalo Dieudonné a tenu à saluer la mobilisation de la population.
« Mon cœur est rempli de gratitude envers tous les habitants du quartier qui se sont mobilisés pour combattre cet incendie. Certes, beaucoup de maisons ont été détruites et plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, mais vous avez fait preuve d’un courage exceptionnel. Merci à chacun de vous », a-t-il déclaré.
À la tombée de la nuit, des centaines de sinistrés se retrouvaient sans solution de logement. Hommes, femmes, enfants et personnes âgées devront passer la nuit à la belle étoile ou être hébergés temporairement par des proches.
Au-delà des pertes matérielles considérables, le drame soulève une nouvelle fois la question de l’insuffisance des moyens de lutte contre les incendies dans la ville de Bukavu. De nombreux habitants déplorent l’absence d’équipements d’intervention rapide capables de faire face à ce type de catastrophe dans les quartiers densément peuplés.
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Face à l’ampleur des dégâts, les autorités urbaines, les organisations humanitaires et les personnes de bonne volonté sont appelées à intervenir en urgence pour venir en aide aux victimes. Les besoins les plus pressants concernent les abris temporaires, les vivres, les couvertures, les vêtements, les kits sanitaires et l’assistance psychosociale.
En attendant une éventuelle évaluation officielle des dégâts, le quartier Cahi panse ses blessures après l’un des incendies les plus dévastateurs enregistrés ces dernières années dans la ville de Bukavu.
