Des députés nationaux et sénateurs membres de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) ont rendu publique, mardi 2 juin 2026 à Kinshasa, une série de propositions portant sur un changement de la Constitution de la République démocratique du Congo.

Dans un document signé par plusieurs élus du regroupement politique, les initiateurs se réclamant être « loyaux et fidèles au Président de la République) estiment que le fonctionnement actuel des institutions mélange des éléments du régime présidentiel et du régime parlementaire, créant selon eux une architecture institutionnelle inefficace.

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« Le fonctionnement actuel des institutions politiques au niveau central associe les éléments du régime présidentiel avec l’élection du Président de la République au suffrage universel (…) et un gouvernement qui découle de la majorité parlementaire », écrivent-ils.

Parmi les principales propositions formulées figure l’instauration d’un régime présidentiel fort.

Les signataires souhaitent que tous les membres du gouvernement soient directement nommés par le Président de la République.

Ils proposent également que le chef de l’État ne soit plus élu au suffrage universel direct, mais plutôt par les députés nationaux et les sénateurs réunis en Congrès.

Selon eux, cette option permettrait de réduire les coûts liés à l’organisation des élections présidentielles.

« Pour épargner le trésor public des dépenses énormes consacrées à l’élection présidentielle, opter pour l’élection du président par les sénateurs et les députés réunis en congrès », indique le document.

Les parlementaires proposent également de porter la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.

Cette mesure concernerait aussi les députés nationaux et les sénateurs.

Les auteurs du texte suggèrent par ailleurs le maintien d’un Parlement bicaméral afin de garantir un équilibre institutionnel et limiter les excès de pouvoir.

Autre réforme proposée : la nomination des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces par le Président de la République.

Les signataires précisent que ces autorités provinciales ne devraient pas être originaires des provinces qu’elles dirigent, estimant que cette formule contribuerait à stabiliser les institutions politiques provinciales.

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Ils souhaitent néanmoins maintenir la régionalisation des provinces ainsi que la décentralisation des entités territoriales décentralisées (ETD).

Selon eux, cette organisation reste indispensable en raison de l’immensité du territoire congolais et de la diversité tribale du pays.

Le document propose également la suppression de la Caisse nationale de péréquation, jugée incompatible avec le caractère unitaire de l’État congolais.

Les parlementaires proposent aussi la suppression de la rétrocession de 40 % des recettes nationales aux provinces, qu’ils considèrent comme techniquement difficile à appliquer.

À la place, ils suggèrent qu’une enveloppe équivalente à 20 % des recettes générales soit redistribuée aux 26 provinces selon un mécanisme de solidarité fixé par une loi organique.

Concernant les assemblées provinciales, les élus souhaitent que les motions de défiance et de censure soient soumises à un double contrôle de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cour des comptes avant leur examen.

Cette sortie intervient alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle est déjà en cours en RDC et continue de polariser la classe politique ainsi que la société civile.

Depuis plusieurs semaines, des partis politiques d’opposition, des mouvements citoyens et plusieurs organisations de la société civile dénoncent toute initiative visant à modifier la Constitution, estimant qu’elle pourrait fragiliser la stabilité du pays.

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À l’inverse, certains acteurs politiques de la majorité soutiennent la nécessité d’adapter certaines dispositions institutionnelles au contexte actuel du pays.

Le document publié à Kinshasa porte notamment les signatures de plusieurs députés nationaux et sénateurs membres de l’AFDC-A, parmi lesquels Patrick Munyomo, Alphonse Ngoyi Kasanji ou encore Richard Kimbuta.

Jean-Luc M.

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