La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, où au moins 103 civils ont été tués en l’espace de trois semaines dans la chefferie des Babila Babombi, lors d’attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Ces chiffres sont contenus dans un rapport publié par l’Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables (APDEF) et consulté ce lundi 25 mai 2026 par nos confrères de la RTCM-RDC.
Selon ce document, plus de vingt villages ont été ciblés par les attaques armées dans cette partie du sud de l’Ituri déjà fragilisée par l’insécurité récurrente.
« Depuis que l’ennemi attaque les entités de la chefferie des Babila Babombi, au moins vingt agglomérations ont été touchées », affirme Rams Malikidogo, coordonnateur de l’APDEF-Mambasa.
L’organisation dénonce également d’importants dégâts matériels enregistrés au cours de ces violences.
D’après le rapport, les assaillants ont incendié au moins douze motos et une vingtaine de maisons, tout en pillant plusieurs biens appartenant aux habitants. Plusieurs personnes restent également portées disparues après les attaques.
« Les dégâts matériels sont énormes et il y a déjà un déplacement massif de la population », ajoute Rams Malikidogo.
La crise sécuritaire affecte désormais profondément la vie sociale et économique dans plusieurs localités de la chefferie des Babila Babombi.
Selon l’APDEF, les activités scolaires sont suspendues dans certains villages à cause de l’insécurité, tandis que les centres commerciaux fonctionnent au ralenti sous l’effet de la peur et des déplacements des populations.
De nombreux habitants ont fui leurs villages pour trouver refuge à Biakato, Makumo ainsi que dans certaines localités voisines du Nord-Kivu jugées relativement plus sûres.
Face à cette dégradation de la situation, l’Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables appelle les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à intensifier les opérations militaires contre les groupes armés actifs dans la région.
L’organisation estime que la situation devient « insupportable » pour les populations civiles et réclame des mesures urgentes afin de traquer les assaillants et rétablir la sécurité dans les zones affectées.
Ces nouvelles violences interviennent alors que les FARDC, appuyées par la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), poursuivent des opérations conjointes contre les ADF, un groupe armé affilié à l’État islamique et responsable de nombreuses attaques meurtrières dans l’Est de la RDC depuis plusieurs années.
