Le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 mars (AFC-M23) ont enregistré des avancées significatives dans le processus de paix, notamment sur l’accès humanitaire, la protection des civils, la mise en œuvre du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, à l’issue des discussions tenues du 13 au 17 avril 2026 à Montreux, en Suisse.
Dans un communiqué conjoint publié le 18 avril, les deux parties, appuyées par plusieurs partenaires internationaux dont le Qatar, les États-Unis, la Suisse, la République togolaise (médiateur de l’Union africaine) et la Commission de l’Union africaine, annoncent des progrès vers la conclusion d’un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, conformément au cadre de Doha signé le 15 novembre 2025.
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Au cœur des discussions, les parties ont reconnu le caractère vital de l’assistance humanitaire pour les populations de l’est de la RDC. Elles se sont engagées à garantir un accès humanitaire rapide, sûr, durable et sans entrave, ainsi que la libre circulation du personnel humanitaire, des biens et des services, sur la base de besoins évalués de manière indépendante et sans discrimination.
Les signataires ont également convenu de respecter strictement le droit international humanitaire, le droit international des droits de l’homme et le droit des réfugiés, tout en se référant aux principes fondamentaux de la Constitution congolaise.
Le communiqué met un accent particulier sur la protection des civils. Les parties s’engagent à s’abstenir de toute attaque ou destruction visant les biens indispensables à la survie de la population, notamment les denrées alimentaires, les zones agricoles, les récoltes, le bétail, les installations d’eau potable, les ouvrages d’irrigation, ainsi que les infrastructures énergétiques, de télécommunications, hospitalières et scolaires.
Elles promettent également de préserver et faciliter l’accès aux services sociaux de base tels que l’alimentation, l’eau, les soins de santé, le logement et l’éducation, en tenant compte de l’impact humanitaire de toute mesure affectant ces services.
Les deux parties ont pris l’engagement de protéger les acteurs humanitaires, les bénéficiaires et les infrastructures liées aux opérations de secours, afin de garantir des interventions sécurisées. Elles se sont également engagées à prévenir tout détournement ou pillage de l’aide humanitaire et à ne pas influencer indûment le choix des bénéficiaires ou des prestataires.
La protection inclut aussi la prévention et la réponse aux violences, à l’exploitation et aux abus contre les civils, en particulier les femmes et les enfants.
Par ailleurs, les parties ont convenu de faciliter la prise en charge des blessés et des malades, notamment par leur recherche, leur évacuation et la mise à disposition de soins appropriés, avec l’appui d’organisations humanitaires impartiales.
Sur le plan sécuritaire, une avancée majeure concerne l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. En collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, les parties ont signé un protocole d’accord mettant en œuvre le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+).
Ce dispositif permettra au mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu de lancer, dans un délai d’une semaine, ses premières missions de terrain pour contrôler et rendre compte du respect du cessez-le-feu permanent. Ces opérations bénéficieront du soutien logistique de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC.
Dans le cadre des mesures de confiance, les parties ont convenu de procéder, dans un délai de dix jours, à la libération de prisonniers, conformément au mécanisme signé le 14 septembre 2025.
Cette opération sera facilitée par le Comité international de la Croix-Rouge, qui a fourni les listes des détenus selon les procédures établies.
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Enfin, le gouvernement congolais et l’AFC-M23 ont réaffirmé leur engagement à maintenir la dynamique du processus de paix. Ils entendent s’appuyer sur les avancées réalisées pour accélérer les négociations sur les autres protocoles en suspens, en soumettant des propositions concrètes aux facilitateurs.
Les deux parties ont exprimé leur gratitude envers les partenaires internationaux et les Nations unies, notamment à travers la MONUSCO, pour leur soutien constant aux efforts de paix et de stabilité dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
