Le territoire de Mwenga, dans le Sud-Kivu, a connu ce mardi une paralysie quasi totale des activités pour dénoncer les multiples abus dont se disent victimes les civils de la part de certains éléments des FARDC et des groupes Wazalendo.
Écoles, marchés et boutiques sont restés fermés dans plusieurs localités, notamment à Mwenga centre, Buziba, Kitutu, Lugushwa, Kakemenge et Kibe. « Tout est resté fermé », rapporte un habitant sous couvert d’anonymat.
La mobilisation a été initiée par la Société civile Forces Vives, suite à une correspondance datée du 19 mars adressée aux autorités provinciales et territoriales. Selon Samuel Itebo, président de la Société Civile, la population proteste contre des « actes de violence et d’extorsion » commis par certains militaires et Wazalendo, incluant menaces de mort, tirs d’armes à feu, confiscation de motos et occupation illégale de biens privés.
Plusieurs incidents récents illustrent cette dérive :
- 3 mars 2026, Musika : un infirmier, Bwato Lunanga Thiery, dépouillé de 200.000 FC, de son téléphone et de ses chaussures ;
- 12 mars, Ilinda : un homme de 30 ans, Dodos Ngama, abattu par des éléments Wazalendo ;
- 13 mars, Kibumba : Mukamba Masilya Ndebo, 56 ans, tué par un militaire des FARDC ;
- 15 mars, Mukingi-Kibumba : tirs et extorsions impliquant des militaires en provenance de Kinshasa.
La Société Civile dénonce également des pratiques de racket connues localement sous les expressions « Longola schéma na téléphone nayo », « Pesanga 10.000 FC » ou « Tosha godiots », ainsi que la multiplication de barrières illégales sur les routes principales et secondaires, avec des perceptions allant de 5.000 à 10.000 FC par passage.
Face à cette situation « alarmante », la Société Civile appelle à la démilitarisation des centres urbains, à la fin des occupations illégales et à la libre circulation des civils.
Pour faire pression, la population a été invitée à observer la journée ville morte de ce mardi 24 mars, et d’autres actions sont prévues samedi et lundi prochains. Les associations de motards annoncent quant à elles la poursuite de la paralysie des activités jusqu’à jeudi.
À travers cette mobilisation, les acteurs de la société civile souhaitent envoyer un message clair : dans une zone sous contrôle du gouvernement, les populations ne doivent pas vivre dans des conditions similaires à celles des zones occupées par la rébellion.
