Les députés nationaux et provinciaux de l’espace Lega, représentant les territoires de Mwenga et Shabunda, ont officiellement saisi le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour dénoncer la gestion jugée « calamiteuse » de la province du Sud-Kivu par le Gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki et son adjoint, Jean-Jacques Elakano Mwewa.
Cette démarche vise à obtenir l’implication personnelle du Président afin de diligenter une enquête indépendante sur l’administration provinciale, alors que le climat social est marqué par la méfiance et les tensions communautaires.
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Dans un mémorandum adressé à la Présidence le 17 mars 2026, les élus, parmi lesquels les honorables Trésor Lutala Mutiki, Émile Sumaili Miseka et José Nepangi, dressent un tableau sombre de la situation socio-économique et sécuritaire de la province.
Ils accusent notamment le Gouverneur et son vice de tirer profit de l’état de guerre pour instaurer un mode de gestion échappant à tout contrôle institutionnel.
Parmi les griefs soulevés figurent une opacité financière alarmante, avec des soldes de comptes « presque nuls ». Les taxes et impôts seraient perçus de manière manuelle ou via des services de mobile money, en marge des procédures légales, facilitant selon eux le détournement des deniers publics, une marginalisation flagrante de Mwenga et Shabunda dans l’accès aux fonctions publiques, malgré leur soutien massif au Président lors des élections de 2023, la « bénédiction tacite » des autorités provinciales dans l’exploitation illégale des ressources naturelles par des entreprises étrangères, privant les territoires de la rétrocession prévue par le code minier.
Face à cette situation, les élus demandent à la Haute Autorité de prendre trois mesures urgentes.
D’abord rétablir l’autorité de contrôle de l’Assemblée provinciale, déployer une mission d’enquête indépendante sur la gestion administrative et financière, prendre des mesures correctives pour instaurer une gouvernance inclusive, tournée vers le bien-être des populations.
En attendant une réponse de la Présidence, ce mémorandum renforce la pression sur l’exécutif provincial du Sud-Kivu, alors que la cohésion nationale et la transparence de la gouvernance restent des enjeux majeurs dans la province.
