À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre l’exploitation sexuelle, célébrée le 4 mars de chaque année, les organisations La Prunelle RDC asbl et Journalistes pour la Promotion de la Démocratie et des droits humains (JPDDH) appellent les femmes et les jeunes filles de la ville de Bukavu à dénoncer les cas d’exploitation sexuelle en milieu scolaire, universitaire et professionnel.
Ces organisations de défense des droits humains soulignent que l’exploitation sexuelle constitue une grave violation des droits des femmes et des jeunes filles. Elles encouragent l’accès à l’information sur les droits sexuels afin de renforcer la prévention et la protection des victimes.
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Selon Claudine Kitumaini, Directrice Exécutive de La Prunelle RDC, l’exploitation sexuelle doit être dénoncée pour permettre l’accompagnement des victimes et la recherche de solutions durables.
« Je demande aux femmes et aux filles de dénoncer toute forme d’exploitation sexuelle et de briser la peur. Lorsqu’on veut mettre fin à une situation qui dérange, il faut commencer par en parler. L’accompagnement devient alors possible. Beaucoup de jeunes filles sont victimes d’exploitation sexuelle par manque d’information », a-t-elle déclaré.
Elle insiste également sur la nécessité pour les femmes en milieu professionnel de reconnaître que l’accès aux opportunités doit être fondé sur les compétences et non sur toute forme de sexualisation.
« Pour accéder à un poste, les femmes doivent dénoncer ces pratiques. Si elles ne sont pas écoutées, elles peuvent même quitter un environnement de travail abusif, car rien ne vaut la dignité et le respect », a-t-elle ajouté.
De son côté, Mukwa Gabrielle, coordonnatrice de JPDDH, affirme que plusieurs victimes d’exploitation sexuelle gardent le silence malgré la souffrance.
Elle explique que ce silence favorise parfois l’impunité et peut entraîner des conséquences psychologiques et sociales graves, notamment le rejet familial, social ou professionnel.
En milieu professionnel, l’exploitation sexuelle peut prendre la forme de chantage, de pressions liées à l’emploi ou de tentatives de discrédit des victimes.
Les organisations de défense des droits des femmes recommandent la mise en place de mécanismes de suivi des dénonciations ainsi que l’intensification des campagnes de sensibilisation.
Elles plaident également pour un accompagnement psychologique, juridique et social des victimes, ainsi que pour des sanctions exemplaires contre les auteurs d’exploitation sexuelle.
Les victimes sont encouragées à rechercher du soutien auprès des organisations fiables de défense des droits humains.
« Dénoncer n’est pas une honte, mais un acte de courage et de protection de soi », soulignent les organisations.
Les acteurs impliqués estiment enfin qu’il est nécessaire que les auteurs d’exploitation sexuelle répondent de leurs actes devant la justice afin de réduire ce phénomène dans tous les secteurs.

