Les acteurs humanitaires intervenant dans le territoire de Kabare et dans d’autres zones du Sud-Kivu font face à des défis sécuritaires croissants qui limitent leur capacité à apporter une assistance vitale aux populations vulnérables. La dégradation de la situation sécuritaire, marquée par la recrudescence des affrontements armés et les déplacements massifs de populations, rend certaines zones difficilement accessibles.
Selon plusieurs sources humanitaires locales, les agents humanitaires ne peuvent plus accéder à certaines zones d’intervention en raison des risques sécuritaires. Cette situation empêche l’évaluation des besoins et la distribution de l’aide aux déplacés et aux communautés affectées.
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Les affrontements signalés dans plusieurs localités du territoire de Kabare compliquent davantage le travail des organisations humanitaires. Les agents éprouvent des difficultés à rencontrer les bénéficiaires et à assurer le suivi de leurs activités, ce qui compromet la continuité des programmes d’assistance.
- Emery Murhula, coordonnateur du réseau des organisations paysannes dans ce territoire, regrette que plusieurs organisations humanitaires aient suspendu leurs activités depuis l’intensification des violences armées. Cette interruption prive de nombreuses familles déplacées d’un soutien essentiel, notamment en vivres, en abris et en assistance agricole.
Malgré ces contraintes, il appelle ses collègues à rester résilients et engagés auprès des communautés affectées, soulignant l’importance du rôle des humanitaires dans ce contexte de crise prolongée.
À Bukavu, Jules Mangene, agent humanitaire et membre de l’organisation Bloc Citoyen, évoque également les défis liés à l’exercice des activités humanitaires dans un environnement instable. Il insiste sur la nécessité pour les humanitaires de renforcer les mesures de sécurité, notamment à travers une meilleure analyse du contexte, une planification rigoureuse des déplacements et le respect strict des protocoles internes.
Il encourage également les organisations à investir dans la formation de leurs agents sur la sécurité physique et numérique, particulièrement pour ceux qui interviennent dans les zones à haut risque.
Dans ce contexte de crise, l’engagement des acteurs humanitaires demeure crucial dans les milieux où de nombreuses communautés dépendent entièrement de l’aide humanitaire pour leur survie, mais aussi souligne l’urgence de renforcer les mécanismes de protection des travailleurs humanitaires et de garantir un accès sécurisé aux populations dans le besoin.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.

