L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a exprimé sa ferme opposition au projet de révision de la Constitution porté par le pouvoir en place. Dans un message adressé au peuple congolais et daté du 11 juin 2026, le président honoraire appelle à un « sursaut national » et à la mobilisation de toutes les forces vives du pays pour défendre ce qu’il considère comme les acquis démocratiques de la RDC.
Dans cette déclaration, Joseph Kabila affirme que l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi portant organisation d’un référendum confirme les intentions du pouvoir de modifier la Constitution.
« Par sa voix la plus autorisée, puis à travers l’adoption de la loi référendaire à l’Assemblée nationale, le pouvoir vient de lever toute ambiguïté sur ses véritables intentions : il entend changer la Constitution, expression suprême du pacte républicain qui unit les diverses composantes de la Nation congolaise », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’État estime qu’il ne s’agit ni de rumeurs ni d’accusations formulées par l’opposition, mais d’« un choix politique assumé, revendiqué et publiquement défendu » par les dirigeants actuels.
Joseph Kabila considère cette démarche comme une violation du serment constitutionnel.
« La forfaiture est manifeste. La trahison de son serment constitutionnel par le premier d’entre eux est désormais incontestable et de notoriété publique », affirme-t-il.
Revenant sur ses précédentes prises de parole, le président honoraire rappelle qu’il avait, le 23 mai 2025, dressé un état des lieux préoccupant de la situation politique et institutionnelle du pays. Il indique avoir alors proposé une « thérapie de choc en douze points » pour favoriser le rétablissement du fonctionnement harmonieux des institutions, de la cohésion nationale et de la paix.
Il affirme également avoir mis en garde, à plusieurs reprises, contre le risque de « soudanisation » de la RDC, qu’il définit comme une possible implosion de l’État si les modes actuels de gouvernance se poursuivent.
« Notre pays est gouverné de manière arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire à l’égard de plusieurs catégories de citoyens congolais. Pire, il l’est en violation de toutes les règles établies », soutient-il.
Selon Joseph Kabila, la révision constitutionnelle envisagée constituerait « un pas décisif vers la consolidation de la tyrannie et l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible, ni perspective crédible d’alternance politique démocratique ».
L’ancien président estime que les enjeux dépassent les intérêts individuels ou partisans.
« Ce qui est en jeu, c’est la survie même du Congo. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir des générations futures », déclare-t-il.
S’appuyant sur l’article 64, alinéa premier, de la Constitution congolaise, Joseph Kabila rappelle que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exerce le pouvoir en violation de la Constitution ».
« Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique », insiste-t-il.
Le président honoraire appelle ainsi les Congolais à soutenir les initiatives des forces politiques et sociales engagées, selon lui, dans la défense de la Constitution et des acquis démocratiques.
« J’exhorte chacune et chacun de vous à soutenir massivement toutes les initiatives, et à participer activement à toutes les actions annoncées ou qui vont être annoncées par les forces politiques et sociales engagées dans la défense de la Constitution et de nos acquis démocratiques », affirme-t-il.
Il invite également les citoyens à demeurer vigilants face aux atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance.
« Que chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville de notre pays devienne un mirador pour la détection précoce et la dénonciation des atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance », a-t-il déclaré.
Joseph Kabila conclut son message en réaffirmant son attachement à « une République démocratique du Congo une, indivisible et démocratique » et en invoquant la protection divine sur le peuple congolais et ses dirigeants.
Ce message intervient dans un contexte de vifs débats autour de l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale et des discussions sur une éventuelle révision de la Constitution, un sujet qui continue de diviser la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo.
Jean-Luc M.
