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Le député National Justin Ndayishimiye Harerimana lors d’une adresse à la presse/Le député national Justin Ndayimishiye Harerimana, élu du territoire de Masisi, est actuellement responsable de plusieurs accusations, de la part des responsables de la Société Minière de Bisunzu (SMB), une entreprise œuvrant dans l’exploitation et l’exploration des minerais dans cette entité. Ces accusations surviennent quelques jours après une descente effectuée dans son fief dans le cadre de ses vacances parlementaires.

Au cours d’une conférence de presse tenu par les responsables de la SMB le vendredi 03 avril dernier à Goma, celui-ci est accusé entre autre de détenir une importante cargaison des minerais non étiquetés dans sa résidence de Masisi, le regroupement des plus de 100 creuseurs dans le carré minier, mais aussi l’incitation des creuseurs à la violence contre les forces de l’ordre.

Selon cette société, cet élu de Masisi a incité les creuseurs au non-respect des mesures données par la garde industrielle du site Bibatama, une situation qui aurait ensuite provoqué des jets des pierres entre les deux parties. Cette dernière a fait savoir que ces actions menées par cet élu visent aussi à piétiner les mesures prises par le chef de l’Etat, visant à interdire les attroupements de plus de 20 personnes. Selon la SMB, il se serait autorisé de regrouper plus de 100 creuseurs dans un site minier pourtant, ‘’interdit pour un député nationale’’ surtout en cette période où le pays traverse une période de crise sanitaire suite à la présence du Covid-19 en RDC.

«Tout le monde sait qu’un député national ne peut pas avoir comme activité le commerce des minerais. Mais jusqu’à ce jour, il y a une quantité importante de minerais dans sa maison, et il cherche à les amener vers Goma.» disaient les responsables de la SMB.

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En réaction, le député Justin Ndayishimiye Harerimana, rejette formellement les accusations portées contre lui, et dit être venu pour la sensibilisation de sa base. Quant à ce qui concerne la pandémie du Coronavirus, il dit avoir rencontré sa base pour l’apaiser, par rapport aux différentes souffrances traversées suite aux ordres imposées par les responsables de la SMB, qu’il qualifie de son côté d’ntretenir de « l’esclavagisme » dans le Masisi, à l’égard de la population.

«Je suis venu de Kinshasa, et suis directement parti rencontrer ma base et la sensibiliser, concernant cette pandémie que le monde entier est entrain de traverser. Bien-sûr j’ai rencontré des problèmes, les gens sont maltraités, ils sont chassés par force, ils subissent aussi l’esclavagisme par la SMB. Alors personnellement c’est quelque chose que je n’ai pas préférée. Mais je leur ai quand même rassuré de rester calme, car l’Etat va s’occuper de leurs problèmes.» dit-il.

Un puit des mines de la SMB à Masisi
Un puit des mines de la SMB à Masisi

S’agissant de la question du payement des creuseurs, par rapport aux fournitures des minerais à la SMB, cet ancien coordonnateur des creuseurs artisanaux indique que la question qui est à la base des troubles dans cette entité, est plutôt dû au non-paiement de la dette des creuseurs.

«La SMB doit aux creuseurs une dette de depuis Avril 2019 et jusqu’à nos jours cette société n’a jamais payé les creuseurs, donc elle n’a pas des moyens. Par après, elle s’est permise de rompre abusivement avec le contrat qu’elle avait avec la population et les membres de la COOPERAMMA, et cela a entraîné beaucoup de dégâts. Et jusqu’à présent, nous continuons à réclamer les 30 millions des dollars. Le Gouvernement provincial a déjà enquêté, et il ont trouvé les biens perdus, donc ils doivent rembourser cet argent. Deuxièmement ils ont encore essayé d’élaborer un autre protocole, où ils ont donné une échéance de 15 mois, et qu’après ce délai ils seront à mesure d’indemniser les gens. Rien n’a été jusque-là fait sur l’étude de l’impact environnementale.» déplore Justin Ndayishimiye.

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Il appelle la SMB à remettre ces creuseurs dans leurs droits, et invite le gouvernement à s’impliquer urgemment dans cette affaire, afin d’éviter de sacrifier la population, au détriment d’une société.

Répondant à la question sur une probable fraude qu’il serait en train d’occasionner à Masisi, ce dernier indique que cette tâche ne revient pas aux responsables de la SMB d’accuser quelqu’un de « fraudeur », mais plutôt aux services étatiques, lesquels pour lui, n’ont jamais dénoncé cela.

De retour de son fief électoral, Justin Ndayishimiye dit remercié la COOPERAMMA qui a placé des dispositifs de lavage des mains, à l’entrée comme à la sortie des sites miniers, et appelle la population à une grande vigilance et au respect des mesures hygiéniques, afin de se protéger de cette pandémie.

Freddy Ruvunangiza, depuis Goma

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