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Le Société Civile bureau de coordination du Sud-Kivu vient de dresser une liste des défis et incidents qui entourent l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs en province, et qui selon elle, n’augurent pas des élections « transparentes, crédibles et apaisées ».

Dans une déclaration rendue publique à Bukavu ce lundi 20 mars 2023, la Société Civile du Sud-Kivu à travers son Groupe de travail thématique – élection et bonne gouvernance, a indiqué que les rapports mi-parcours produits par ses observateurs accrédités révèlent plusieurs défis et incidents dans cette province de la troisième aire opérationnelle, qui risqueraient de compromettre le processus électoral en cours.

C’est entre autres, l’insuffisance de moyens financiers en vue de faciliter le travail de la CENI, le dysfonctionnement de plusieurs centres dû aux pannes des machines et à l’insuffisance des techniciens, le monnayage de l’inscription presque dans tous les centres et la tendance manifeste de certains membres des centres d’inscriptions à obstruer le travail de l’observation électorale.

Dans ce même chapitre, la Société Civile du Sud-Kivu note que plusieurs centres d’inscription n’affichent pas les listes d’inscrits par jour.

« On constate l’irrégularité dans la publication des statistique désagrégées des enrôlés centre par centre » regrette la Société Civile du Sud-Kivu.

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Elle note en outre, que des candidats potentiels et leaders des partis politiques continuent de perturber le cours normal de l’enrôlement en voulant s’enrôler en priorité alors que beaucoup d’électeurs ont pris leurs jetons vers 4 heures du matin.

« En milieu rural, beaucoup des requérants parcourent plus de 10 kilomètres pour se faire enrôler. On a noté le favoritisme de certains membres des bureaux d’inscription occasionnant des bagarres dans plusieurs centres » fait observer la Société Civile du Sud-Kivu.

Dans ce lot des défis, la Société Civile du Sud-Kivu constate le non-respect des mesures spécifiques en faveur des requérants vulnérables, notamment les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes à morbidité réduite, les albinos, les personnes de troisième âge et autres.

Autres défis soulevés par la Société Civile du Sud-Kivu, c’est le faible taux d’inscription des femmes et la tentative des étrangers à s’enrôler au Sud-Kivu.

Au besoin de rassurer la population du Sud-Kivu de la transparence du processus, la Société Civile à travers son groupe de travail thématique élection, recommande à la CENI de considérer que les 15 jours supplémentaires à l’aire opérationnelle 3 sont « insuffisants », vu les difficultés de fonctionnement de plusieurs centres d’inscription.

En plus de cela, la Société Civile fait observer que les provinces de l’aire opérationnelle 3 ont la particularité d’etre en situation sinistre. Autre recommandation formulée par la Société Civile du Sud-Kivu, c’est la publication des centres d’inscriptions où ont été déployés les 178 Kits additionnels.

« La CENI se mettra ainsi à l’abri des suspicions des centres fictifs qui, le moment venu pourraient également servir de bureaux de vote fictifs en faveur de certains candidats » prévient-elle.

La Société Civile du Sud-Kivu recommande également à la CENI d’organiser les cadres de concertations régulières entre parties prenantes au processus électoral, pour communiquer sur le déroulement du processus électoral.

Bertin Bulonza

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