La ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, a commémoré ce mardi 14 avril 2026 le 28ᵉ anniversaire des massacres de Kikyo, un épisode tragique qui continue de marquer profondément la mémoire collective.
À cette occasion, la population a rendu hommage à plus de 300 civils tués en l’espace de quatre jours, du 14 au 18 avril 1998. Les victimes avaient été soit abattues par balles, soit ensevelies dans des fosses communes, dans des circonstances particulièrement violentes.
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Une messe de requiem a été célébrée à la paroisse catholique de Lyambo, située au quartier Kalemire, dans la commune de Bulengera. Après cette célébration, les survivants ainsi que plusieurs habitants se sont recueillis dans les cimetières de Kitatumba et de Kikyo, où reposent les victimes.
Prenant la parole, Justin Mastaki, coordonnateur du Collectif des Victimes et Survivants des Massacres de Kikyo (COVISMAKI), a lancé un appel pressant à la mobilisation des Congolais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, pour que justice soit enfin rendue.
« Nous portons cette voix chaque année. Nous entretenons les lieux où plusieurs personnes ont été enterrées, parfois même vivantes. Nous espérons que les autorités faciliteront l’accès à la justice pour les victimes et qu’il y aura réparation », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé l’existence de plusieurs sites de sépulture, notamment la fosse commune de Kitatumba, le site de Furu ainsi que les tombes situées sur la colline de Kikyo.
Chaque année, la population de Butembo se rassemble pour honorer la mémoire des disparus et maintenir vivante la mémoire de ces événements.
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Pour rappel, ces massacres remontent au 14 avril 1998, lorsque des éléments de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), appuyés par l’armée rwandaise, avaient mené une opération de ratissage en représailles à une attaque des Maï-Maï contre leurs positions sur la colline de Kikyo, au nord de Butembo.
Vingt-huit ans après, la douleur reste vive chez les survivants, dont les plaies, encore ouvertes, continuent de rappeler l’ampleur de cette tragédie.
