À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée ce 21 septembre 2026 sous le thème « Investir dans la paix, pour tous, partout et chaque jour », plusieurs organisations locales de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, appellent à faire de la paix une priorité permanente, en s’attaquant non seulement aux conflits armés, mais aussi aux vulnérabilités qui affectent quotidiennement les populations.

À travers des messages distincts, La Prunelle RDC asbl, Action pour la Résilience et le Bien-être Social (AREB asbl) et Action pour la Paix et la Concorde (APC) mettent l’accent sur la nécessité de traduire l’investissement dans la paix par des actions concrètes au sein des familles, des communautés et des institutions.

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Pour La Prunelle RDC, la paix doit aussi répondre aux besoins essentiels

Dans son message, La Prunelle RDC asbl, à travers sa directrice exécutive Claudine Kitumaini, rappelle que la paix ne peut pas être réduite à l’absence d’affrontements armés.

Pour l’organisation, une société véritablement en paix est également celle où chaque personne peut manger à sa faim, accéder à l’eau potable, disposer d’un logement sûr et décent, trouver un emploi, se déplacer sans peur et vivre en sécurité.

La Prunelle RDC attire notamment l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontées les populations de Bukavu et du Sud-Kivu : faim, chômage, insécurité, déplacements de populations, accès limité aux services essentiels, mais aussi les incendies récurrents qui endeuillent des familles et aggravent leur précarité.

L’organisation évoque notamment les récents incendies enregistrés dans la ville de Bukavu, particulièrement dans le quartier Nyalukemba, où des femmes et des jeunes ont perdu la vie.

Pour Claudine Kitumaini, ces drames constituent également une question liée à la paix dans la mesure où ils exposent davantage les populations à la vulnérabilité et à la souffrance.

« Construire la paix, c’est aussi s’attaquer aux causes profondes et aux conséquences de ces vulnérabilités », souligne La Prunelle RDC.

L’organisation insiste ainsi sur la nécessité d’écouter davantage les communautés directement affectées par les conflits et les différentes crises afin que leurs préoccupations soient intégrées dans les réponses en faveur de la paix.

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AREB : la paix se construit aussi dans les gestes du quotidien

De son côté, Action pour la Résilience et le Bien-être Social (AREB Asbl) met l’accent sur la dimension sociale et quotidienne de la paix.

Pour cette organisation, la paix renvoie à la capacité des individus à vivre ensemble dans le respect, le dialogue, la sécurité et la dignité. Elle estime que cette paix se construit également à travers les comportements et les gestes du quotidien.

AREB Asbl rappelle que les différences d’opinions, d’expériences et de visions ne devraient pas devenir des facteurs de division ou conduire à la violence.

« La paix n’est pas seulement une responsabilité des dirigeants ou des institutions. Elle est aussi une responsabilité collective, qui commence dans les familles, les quartiers, les écoles, les lieux de travail et les communautés », insiste l’organisation.

Cette approche rejoint ainsi l’idée d’un investissement quotidien dans la paix, au-delà des seules initiatives institutionnelles ou des périodes marquées par des crises.

APC met en avant les liens entre vulnérabilité, environnement et paix

Pour sa part, Action pour la Paix et la Concorde (APC) estime que les différents événements auxquels sont confrontées les populations ne doivent pas être considérés uniquement comme des drames humanitaires ou environnementaux.

Selon cette organisation, ils peuvent également fragiliser la cohésion sociale et constituer des facteurs de vulnérabilité susceptibles d’alimenter les tensions au sein des communautés.

APC souligne que les pertes en vies humaines, la destruction des maisons et des moyens de subsistance ainsi que les déplacements de populations peuvent accroître la précarité des ménages.

« Quand les populations perdent leurs maisons, leurs proches ou leurs moyens de subsistance, leurs vulnérabilités augmentent. Et lorsque ces vulnérabilités augmentent, les tensions peuvent s’aggraver », explique l’organisation.

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APC appelle ainsi à faire de la prévention des risques, de la protection de l’environnement et du renforcement de la résilience communautaire des éléments importants des politiques et initiatives de construction de la paix.

« Investir dans la paix » au-delà des discours

À travers leurs différents messages, La Prunelle RDC, AREB et APC convergent sur la nécessité de considérer la paix comme un processus qui dépasse la seule cessation des violences armées.

Elles appellent les autorités publiques, les organisations de la société civile, les partenaires humanitaires et de développement ainsi que les citoyens à faire de la paix une priorité permanente et à traduire cet engagement en actions concrètes au sein des communautés.

Pour ces organisations, investir dans la paix signifie notamment agir sur les facteurs qui rendent les populations vulnérables, renforcer leur résilience, protéger leurs droits et leurs moyens de subsistance, favoriser le dialogue et permettre aux communautés de participer aux décisions qui affectent leur quotidien.

La Journée internationale de la paix, célébrée chaque 21 septembre, constitue ainsi pour ces organisations une occasion de rappeler que la construction de la paix ne relève pas uniquement des autorités ou des acteurs engagés dans la résolution des conflits, mais implique également les communautés et les citoyens dans leur vie quotidienne.

Brigitte Furaha

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