À une semaine de la rentrée scolaire 2026-2027, l’activité reste faible au marché Alanine, à Goma. Les vendeurs d’uniformes, de fournitures scolaires et de chaussures pour enfants déplorent le manque de clients, tandis que plusieurs parents disent manquer de moyens pour préparer leurs enfants à reprendre le chemin de l’école.
Il est 10 heures au marché Alanine. Dans les différents stands, les commerçants ont déjà exposé cahiers, stylos, uniformes, chaussures et autres articles destinés aux écoliers. Mais les clients se font rares et plusieurs vendeurs passent de longues heures à attendre d’éventuels acheteurs.
Pour Micheline, vendeuse de fournitures scolaires, les activités restent très faibles. Elle constate que seuls quelques parents disposant de moyens parviennent à effectuer leurs achats.
« Vraiment, les activités ne sont pas bonnes. Les parents achètent rarement. Ceux qui ont le peu passent pour acheter, et les autres qui n’ont pas se méfient d’abord. Nous espérons peut-être qu’ils viendront acheter durant la première semaine du début scolaire. »
La situation est similaire chez les vendeuses de chaussures pour enfants. Da Bijoux Mama Shekinah affirme que les clients sont devenus particulièrement rares à l’approche de la rentrée.
« Rien ne va à une semaine proche de la rentrée. Rien ne va : pas d’argent, pas d’activité. Personne même pour demander le prix. J’espère peut-être que les parents viendront acheter durant la semaine de la rentrée. »
Du côté des uniformes scolaires, le constat est également préoccupant. Mariam, vendeuse dans ce secteur, décrit des journées entières passées à attendre les clients.
« C’est comme si tous les clients n’étaient plus dans la ville. Nous sommes là toute la journée sans vendre, en attendant le miracle divin pour voir si nous pouvons même écouler une petite partie de nos stocks. »
Des parents confrontés au manque de moyens
Si les commerçants attendent les clients, plusieurs parents disent, de leur côté, éprouver des difficultés à réunir l’argent nécessaire pour acheter les fournitures scolaires.
Pascal, tailleur de profession, affirme n’avoir encore rien préparé pour la rentrée. Il évoque notamment des dépenses à venir et des arriérés scolaires.
« Pour moi, je n’ai rien préparé jusqu’à présent. J’entends seulement parler de la rentrée, mais je ne sais pas quoi faire parce que j’ai même des arriérés à l’école. Nous laissons tout à Dieu. Je ne sais vraiment pas ce qui va se passer. »
Maman Sarah dit également n’avoir encore acheté aucune fourniture pour ses enfants.
« Moi, je n’ai pas encore acheté ni cahiers ni stylos. Je laisse tout à Dieu parce que je n’ai rien pour le moment. »
À quelques jours de la reprise des cours, le marché Alanine reste ainsi dans l’attente d’une amélioration de l’activité. Les commerçants espèrent voir davantage de parents effectuer leurs achats au cours des prochains jours, tandis que plusieurs familles cherchent encore les moyens nécessaires pour préparer leurs enfants.
Entre des stocks qui peinent à s’écouler et des fournitures que certaines familles n’ont pas encore pu acheter, la rentrée scolaire s’annonce difficile pour plusieurs ménages à Goma.
