À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, célébré ce 30 juin 2026, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont lancé un appel solennel en faveur de la paix, de l’unité nationale et d’un dialogue inclusif pour faire face à la crise que traverse le pays.
Dans une déclaration conjointe signée à Kinshasa par le président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, et le président de l’ECC, le Révérend André Bokundoa Bo-Likabe, les deux principales confessions religieuses du pays estiment que la RDC traverse une période critique qui exige un sursaut collectif.
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Les responsables religieux rendent d’abord hommage aux pères fondateurs de l’indépendance avant d’inviter les Congolais à rendre grâce à Dieu « qui continue à veiller sur notre Nation et son peuple, en dépit des multiples vents contraires que nous traversons ».
La CENCO et l’ECC dressent ensuite un tableau préoccupant de la situation nationale, marquée selon elles par la persistance des conflits, particulièrement dans l’est du pays, les divisions politiques et communautaires, ainsi que la montée des discours de haine.
« Une Nation commence à s’effondrer lorsque les armes remplacent la parole, lorsque les filles et les fils du pays cessent de se parler, lorsqu’ils ne se reconnaissent plus comme membres d’une même communauté de destin, lorsqu’ils substituent la méfiance à la fraternité, la haine à la solidarité, l’esprit de vengeance à la culture du pardon et la confrontation à la recherche du bien commun », alertent-elles.
Les deux Églises affirment constater « la multiplication des discours de haine, des messages d’exclusion et des paroles de division », alors que, selon elles, le pays a davantage besoin de réconciliation.
Elles dénoncent également « un climat de suspicion entre citoyens, entre communautés, entre animateurs institutionnels, entre leaders religieux et entre acteurs politiques », estimant que cette situation affaiblit davantage la cohésion nationale.
Selon la CENCO et l’ECC, la montée de la violence verbale, des injures, des calomnies et des rivalités politiques constitue aujourd’hui l’un des principaux dangers qui menacent la stabilité du pays.
« Les passions prennent le pas sur la raison et, de plus en plus, la recherche de l’intérêt particulier l’emporte sur la défense du destin commun. La paix est confisquée, particulièrement dans l’Est de notre pays, le tissu social s’effrite sous le poids des divisions intestines et la méfiance politique fragilise nos institutions tout en freinant l’élan de développement dont le peuple congolais a légitimement besoin », soulignent les deux confessions.
Face à cette situation, elles lancent un appel à un dialogue « sincère, inclusif et républicain », inspiré des valeurs bibliques.
S’appuyant sur la Béatitude « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5:9), la CENCO et l’ECC disent croire que les Congolais peuvent encore « se parler, s’écouter et se reconnaître mutuellement comme les héritiers d’une même histoire et les bâtisseurs d’un même avenir ».
« Tout n’est pas complètement perdu. Le Congo peut encore guérir de ses blessures. Ne laissons pas les divisions s’enraciner davantage, au risque que les blessures d’aujourd’hui deviennent les fractures irréparables de demain », insistent-elles.
Les responsables religieux précisent toutefois que le dialogue qu’ils proposent ne vise pas un partage du pouvoir, mais une véritable démarche de réconciliation nationale.
« Cet arbre à palabre que nous appelons de tous nos vœux n’est pas un schéma tout tracé qui viserait à satisfaire des agendas cachés, mais une table de vérité et de réconciliation pour le salut holistique de la Nation », écrivent-ils.
Selon eux, cette démarche devrait permettre de faire primer « l’intérêt supérieur de la Nation sur les ambitions individuelles et partisanes », de consolider la cohésion nationale face aux menaces extérieures et de renforcer le pacte républicain afin de garantir la justice sociale, l’État de droit, les droits humains et la dignité de chaque citoyen.
Dans leur conclusion, la CENCO et l’ECC appellent les Congolais à dépasser leurs divergences pour préserver l’unité nationale.
« Lorsque la maison brûle, les habitants cessent de discuter de leurs différences : ils unissent leurs forces pour éteindre l’incendie », rappellent-elles.
Elles estiment que « le moment n’est plus aux querelles intestines ni aux calculs politiciens », mais « à l’élévation du sens du devoir national ».
Les deux Églises exhortent ainsi l’ensemble des acteurs politiques, sociaux, religieux et communautaires à rechercher rapidement des solutions pacifiques pour restaurer la confiance et préserver l’avenir du pays.
« Sauvegardons notre Nation ensemble. Préservons notre patrie ensemble. Reconstruisons notre pays ensemble », concluent-elles.
Enfin, elles souhaitent que ce 30 juin 2026 marque « le point de départ d’un sursaut national, d’une paix durable et d’un nouvel élan de cohésion », avant de conclure par une prière pour « une République démocratique du Congo une, indivisible, réconciliée et prospère ».
