Intervenons-nous

Dans la province du Sud-Kivu, où les conflits armés exacerbent la crise humanitaire, les professionnels de santé insistent sur l’importance d’une alimentation équilibrée. Considérée désormais comme un acte de survie et de résilience, elle contribue à maintenir la santé et la cohésion sociale en période de crise.

Selon Nabintu Chombé, nutritionniste à l’ISTM de Bukavu, la vigilance alimentaire est primordiale face aux doubles crises sécuritaire et économique. Elle recommande de structurer l’alimentation autour de trois piliers : les aliments énergétiques (maïs, féculents), les aliments de construction (protéines) et les aliments de protection (fruits et légumes) pour renforcer le système immunitaire.

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La spécialiste souligne également le potentiel inexploité de la production locale.

« Nous voyons des fruits comme les mangues ou les oranges jetés dans les rues pendant la pleine production, alors que nous sommes en zone d’insécurité alimentaire. Si nous pouvions transformer et conserver ces aliments localement, nous ne manquerions de rien durant les périodes difficiles », regrette-t-elle.

Dans le territoire de Kabare, la malnutrition infantile reste une priorité. Dr Serge Munyahu, Médecin Chef de la Zone de Santé de Miti-Murhesa, indique que les enfants souffrant de malnutrition aiguë ou modérée bénéficient de soins gratuits, incluant suivi médical, supplémentation nutritionnelle et traitements des complications associées, conformément aux directives du Programme National de Nutrition (PRONANUT).

Cependant, la crise sécuritaire complique la situation.

« La guerre affecte directement nos structures. Nous faisons face à des ruptures de stocks d’intrants nutritionnels et à un manque criant de moyens logistiques », explique le Dr Munyahu.

Il lance ainsi un appel à la solidarité internationale : « Il est urgent de renforcer l’appui aux structures locales pour préserver la vie des enfants de Kabare, premières victimes de ce contexte de précarité ».

Cet article a été produit dans le cadre du projet « Habari Za Mahali », un programme du consortium RATECO-REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

Josué Musole

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