Vers l’instauration d’une identification biométrique nationale en RDC ? La Commission électorale nationale indépendante a officiellement transmis, ce jeudi 19 février à Kinshasa, le fichier électoral de 2022 à l’Office national pour l’identification de la population.
Cette opération, réalisée sous l’arbitrage du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemin Shabani, constitue la base technique de la future création du Fichier général de la population. L’objectif est de transformer les données électorales existantes en un système national d’identité permettant de garantir à chaque citoyen une existence juridique sécurisée.
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Pour l’autorité ministérielle, ce transfert de données dépasse la simple formalité administrative. Il s’agit d’un projet structurant pour la gouvernance nationale, où chaque information numérique représente un citoyen dont les droits doivent être protégés. La question de la sécurité et de la protection des données personnelles est ainsi placée au cœur de la stratégie étatique.
Le directeur général de l’ONIP, Richard Ilunga, a présenté le fichier transmis comme une base brute destinée à être progressivement actualisée et modernisée. L’institution prévoit de renforcer l’état civil national en mutualisant les informations avec d’autres services publics afin d’améliorer la planification des politiques sociales et économiques.
Cependant, les autorités reconnaissent que les données électorales remontant à 2022 nécessitent une mise à jour importante. Le président de la CENI, Denis Kadima, a souligné la nécessité d’épurer le fichier en supprimant les enregistrements des personnes décédées, en intégrant les citoyens ayant atteint la majorité après 2022 et en tenant compte de la mobilité géographique de la population.
Les autorités congolaises présentent ce futur fichier général de la population comme un outil stratégique multidimensionnel. Au-delà de la délivrance d’une carte d’identité biométrique, le système est envisagé comme un moyen de lutte contre la criminalité et la fraude, de contrôle des flux migratoires et de soutien à la planification des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
