La ville de Kindu, chef-lieu du Maniema, connaît une forte perturbation du transport urbain depuis le début de la semaine, à la suite d’un mouvement de grève lancé par les conducteurs de taxis-motos pour dénoncer les tracasseries policières et réclamer des mesures de sécurité après le meurtre d’un motard le week-end dernier.
Le mouvement s’est durci ce mardi, avec un arrêt quasi total des activités des taxis-motos et des tricycles sur les principaux axes de la ville. Seules quelques motos de particuliers continuent de circuler.
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Cette paralysie affecte particulièrement les déplacements quotidiens dans une ville où la moto constitue l’un des principaux moyens de transport. Des quartiers périphériques au marché central, l’absence de transports en commun complique fortement la mobilité des habitants.
Un motard tué, un mouvement de colère déclenché
À l’origine de la grève figure le meurtre, samedi dernier, d’un conducteur de taxi-moto, tué par balle lors d’un incident attribué à un militaire des FARDC.
Cet événement a ravivé les griefs des conducteurs de motos, qui dénoncent depuis plusieurs mois des tracasseries et des abus qu’ils attribuent notamment à la Police de circulation routière (PCR) et à d’autres éléments des forces de l’ordre.
Le gouvernement provincial tente de calmer la situation
Face à la montée des tensions, le Conseil provincial de sécurité s’est réuni en urgence lundi.
À l’issue de cette réunion, le gouvernement provincial a notamment décrété une « courtoisie routière » jusqu’à l’inhumation de la victime, annoncé la prise en charge des obsèques et ordonné la libération des motos saisies par la PCR.
Malgré ces mesures et les appels du gouvernement provincial à privilégier le dialogue, les associations de motards maintiennent leur mouvement.
Organisés en caravanes sur plusieurs axes de Kindu, les conducteurs affirment vouloir poursuivre la grève jusqu’à l’obtention de garanties qu’ils considèrent comme durables concernant leur sécurité et la fin des tracasseries.
Les habitants fortement affectés
La paralysie du transport pèse directement sur la vie quotidienne des habitants. Des élèves sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leurs établissements scolaires, tandis que des fonctionnaires et autres travailleurs éprouvent des difficultés à atteindre leurs lieux de service.
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Les personnes malades rencontrent également des obstacles pour se rendre dans les structures sanitaires, tandis que les activités économiques et sociales tournent au ralenti.
Si certains habitants disent comprendre les revendications des motards face aux abus dénoncés, la prolongation du mouvement suscite également des inquiétudes parmi la population.
Des acteurs sociaux et des citoyens appellent ainsi le gouvernement provincial du Maniema et les représentants des associations de motards à privilégier des négociations directes et constructives afin de parvenir rapidement à une issue pacifique.
L’objectif est de rétablir la circulation et d’éviter que la paralysie du transport ne provoque des conséquences socio-économiques plus importantes dans la ville de Kindu.
