À Butembo, les nouvelles mesures limitant la circulation des taxis-motos et des tricycles, communément appelés « Bajaj », suscitent des réactions partagées. Depuis mardi 29 septembre 2026, la Police nationale congolaise (PNC) est passée à la phase répressive, après plusieurs semaines de sensibilisation.
Selon ces mesures, les taxis-motos et les Bajaj ne peuvent plus dépasser certaines limites sur les principaux axes de la ville. Sur l’axe Katwa, la limite est fixée au niveau du rond-point Takenga, tandis que sur l’axe Furu, les engins concernés doivent s’arrêter à proximité de l’hôtel Butembo.
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Les conducteurs qui ne respectent pas ces restrictions s’exposent notamment à l’immobilisation de leurs engins.
Des conducteurs méfiants face à la mesure
Du côté des conducteurs, la décision est accueillie avec réserve. Mbusa Wimba, conducteur de Bajaj, estime que les chauffeurs auraient dû être davantage associés au processus avant la mise en application de la mesure.
« Nous ne sommes pas satisfaits de la décision du maire de la ville parce qu’il nous a brusqués. Il aurait fallu aussi qu’il commence par nous appeler pour nous faire comprendre sa décision », déclare-t-il.
Certains habitants favorables à la limitation
D’autres habitants se montrent cependant favorables à cette nouvelle réglementation. Elie Kambale, conducteur de moto privée, estime qu’elle pourrait contribuer à améliorer la circulation dans une ville où les déplacements et les activités commerciales sont importants.
« Cette décision est un bon choix parce que nous sommes dans une ville commerciale et beaucoup de commerçants viennent en ville pour acheter des articles. Ces conducteurs de Bajaj n’ont pas de contrôle, ils font tout comme ils le sentent », estime-t-il.
Des usagers demandent des aménagements
Chez les usagers, les avis sont également partagés. Kavira Gentille, usagère de Bajaj, estime que la mesure devrait tenir compte des besoins des habitants de certains quartiers, notamment ceux de Njiya Panda.
« Nous, de Njiya Panda, devrons nous arrêter à Takenga et les autres à la Rawbank. Nous demandons qu’on puisse nous aider, nous qui venons de Njiya Panda, à pouvoir même passer par Kahundura où se trouve le robot, même si les conducteurs de Bajaj ne vont pas chercher la clientèle là-bas, mais qu’ils puissent au moins nous y faire arriver », plaide-t-elle.
D’autres habitants justifient la limitation par les problèmes de circulation observés dans plusieurs parties de Butembo.
Cédric Kakule, qui affirme avoir été victime d’un accident impliquant un Bajaj, soutient cette mesure.
« Moi, j’ai même eu un accident à la main à cause d’un Bajaj. Ces Bajaj sont parmi ceux qui créent beaucoup d’embouteillages, plus encore que les motards et les véhicules », témoigne-t-il.
Entre fluidité de la circulation et contraintes pour les usagers
Pour certains usagers, la limitation pourrait faciliter les déplacements, particulièrement aux heures où la circulation devient dense.
Masika Cécile, usagère de Bajaj, se dit notamment satisfaite de pouvoir descendre au niveau de Takenga.
« Moi, je dis merci de m’avoir laissée à Takenga, car quand tu descends vers Kahundura à 18 heures, même avant 18 heures, il y a trop d’embouteillages », explique-t-elle.
Alors que la phase répressive vient de débuter, les réactions restent donc partagées à Butembo. Conducteurs, usagers et habitants doivent désormais composer avec les nouvelles limites de circulation, entre les contraintes qu’elles imposent aux déplacements et les attentes en matière de fluidité du trafic dans la ville.
