Quatre-vingts établissements d’enseignement supérieur et universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont classés « non viables » par l’AFC-M23 et ne pourront pas reprendre normalement leurs activités sans présenter au préalable un plan de redressement. La mesure figure dans une note circulaire datée du 22 septembre 2026, qui fixe par ailleurs au 15 octobre la reprise de l’année académique 2026-2027 dans les zones administrées par le mouvement.

Au total, 113 établissements publics et privés des deux provinces ont été évalués dans le cadre du contrôle de viabilité. Parmi eux, 8 sont déclarés « viables », tandis que 25 sont classés « moyennement viables ». Les 80 autres sont considérés comme « non viables ».

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53 établissements concernés au Nord-Kivu

Au Nord-Kivu, le contrôle porte sur 72 établissements, dont 29 publics et 43 privés.

Dans le secteur public, l’Université de Goma (UNIGOM) est le seul établissement classé « viable ». Quatre autres, à savoir l’ISTM Goma, l’ISTA Goma, l’ISC Goma et l’ISP Goma, sont considérés comme « moyennement viables ».

Les 24 établissements publics restants sont classés « non viables ». La liste comprend notamment l’ISTM Rutshuru, l’ISDR Goma, l’UNIM, l’ISP Masisi, l’ISP Kirumba et l’ISTM Kayna.

Dans le secteur privé, trois établissements sont classés « viables » : l’ULPGL-Goma, l’Université catholique La Sapientia et l’ISIG. Onze autres sont jugés « moyennement viables », tandis que 29 sont classés « non viables », parmi lesquels UBAGO, ULBU, ULPA et ISMGL-Goma.

Au total, 53 établissements du Nord-Kivu sont donc concernés par la mesure de fermeture dans l’attente d’un plan de redressement.

27 établissements classés « non viables » au Sud-Kivu

Au Sud-Kivu, 41 établissements ont été évalués, dont 20 publics et 21 privés.

Dans le secteur public, l’Université officielle de Bukavu (UOB) et l’ISP Bukavu sont classés « viables ». Cinq autres établissements sont considérés comme « moyennement viables », tandis que 13 sont classés « non viables », notamment l’ISP Kaziba, l’ISTM Nyangezi et l’UNIKAZ.

Dans le secteur privé, l’Université évangélique en Afrique (UEA) et l’Université catholique de Bukavu (UCB) sont classées « viables ». Cinq établissements sont jugés « moyennement viables » et 14 autres « non viables ».

Le dossier de l’ISTD Mulungu reste, pour sa part, en cours d’examen et doit être clarifié avant la rentrée solennelle.

Un plan de redressement avant une éventuelle réouverture

Les établissements classés « non viables » disposent jusqu’au 15 octobre 2026 pour déposer un plan de redressement présentant les mesures envisagées pour corriger les insuffisances relevées lors du contrôle.

Leur situation devra ensuite être examinée individuellement avant toute éventuelle autorisation de reprise des activités. Les établissements qui n’ont pas participé au contrôle de viabilité ne sont pas non plus autorisés à organiser des activités académiques sans autorisation préalable.

La circulaire prévoit également que les établissements respectent leurs capacités d’accueil et interdit le recrutement massif d’étudiants au-delà de leurs possibilités d’encadrement. L’inscription dans une classe montante devra notamment être accompagnée d’un relevé de notes délivré par l’établissement d’origine.

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Les filières de santé soumises à une autorisation spéciale

L’ouverture des facultés de médecine et des filières des sciences de la santé reste soumise à une autorisation spéciale de la commission chargée du contrôle de viabilité, y compris pour les établissements classés « viables ».

Une équipe de contrôle doit veiller à l’application de l’ensemble du dispositif. La circulaire prévoit des sanctions en cas de violation de ces directives, sans préciser dans le document consulté la nature de ces sanctions.

La circulaire demande par ailleurs aux établissements de numériser les attestations de fin d’études délivrées entre 2021 et 2026, afin de faciliter l’accès des diplômés à l’emploi et aux stages dans l’attente de leurs diplômes.

Une nouvelle étape dans la crise de l’enseignement supérieur dans les Kivu

Cette décision intervient dans un contexte de désaccord entre Kinshasa et l’AFC-M23 sur la gestion de l’enseignement supérieur dans les zones contrôlées par le mouvement.

Le ministère congolais de l’Enseignement supérieur et universitaire avait précédemment suspendu les activités académiques et para-académiques 2026-2027 dans plusieurs établissements de Goma et de Bukavu, dénonçant l’intervention de l’AFC-M23 dans le fonctionnement du secteur. Cette position relève du gouvernement congolais.

Inertie Mbale

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