Plus de 240.000 personnes seraient actuellement déplacées dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, à la suite des affrontements armés enregistrés ces derniers mois dans plusieurs zones, notamment dans les hauts plateaux. Face à l’ampleur de la crise, l’administrateur du territoire, Samy Kalondji Badibanga, appelle le gouvernement congolais et les partenaires humanitaires à renforcer d’urgence leur assistance aux populations affectées.
Dans une alerte rendue publique ce lundi 21 septembre 2026, l’autorité territoriale décrit une situation humanitaire préoccupante, marquée par des déplacements massifs et une forte vulnérabilité des ménages ayant fui leurs villages.
Selon Samy Kalondji Badibanga, les violences enregistrées notamment en mars, mai, juin, juillet et août 2026 ont provoqué de nouveaux mouvements de populations. Des habitants de plusieurs localités auraient quitté leurs habitations pour chercher refuge dans des zones qu’ils considèrent comme plus sûres.
Plus de 17.000 ménages déplacés
Les zones affectées citées par l’administrateur territorial comprennent notamment Mikenge, Minembwe, Komulima, Point Zéro, Abala et Kanguli, dans les hauts plateaux de Fizi.
D’après les chiffres communiqués par l’autorité territoriale, le territoire compterait plus de 17.000 ménages déplacés, auxquels s’ajouteraient plus de 209.000 personnes déplacées internes vivant au sein de familles d’accueil.
Samy Kalondji estime ainsi à plus de 240.000 le nombre total de personnes déplacées internes recensées dans le territoire depuis le mois d’août 2026.
Cette situation place de nombreuses familles dans une grande précarité et accroît leurs besoins en nourriture, eau potable, soins de santé, logement et accompagnement psychosocial.
Un appel au gouvernement et aux humanitaires
Face à cette situation, l’administrateur du territoire de Fizi demande au gouvernement congolais de fournir une assistance urgente aux personnes déplacées.
Il appelle également les organisations humanitaires et les partenaires au développement présents dans la région à renforcer leurs interventions auprès des populations affectées.
Les besoins identifiés concernent notamment les vivres et autres biens essentiels, l’accès à l’eau, les médicaments, les abris, les fournitures scolaires ainsi que la prise en charge psychosociale des personnes traumatisées par les violences et les déplacements.
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L’autorité territoriale demande par ailleurs qu’une attention particulière soit accordée aux populations des hauts plateaux de Fizi, notamment à Minembwe, ainsi qu’aux populations autochtones pygmées, qu’il estime souvent insuffisamment prises en compte dans les interventions humanitaires.
Appel à la cohésion entre les communautés
Dans ce contexte marqué par les violences et les déplacements, Samy Kalondji Badibanga appelle également les différentes communautés vivant dans le territoire de Fizi à préserver la cohésion sociale et à privilégier la cohabitation pacifique.
Il cite notamment les communautés Bembe, Rega, Nyindu, Fuliru, Banyamulenge, Buyu et Bajoba, auxquelles il demande de privilégier la paix et la solidarité.
« Soyons solidaires et faisons de notre résilience une force et un modèle de relèvement », lance l’administrateur territorial.
Cet appel intervient alors que l’autorité territoriale s’est déjà prononcée à plusieurs reprises en faveur de la cohésion sociale et contre les discours susceptibles, selon elle, d’alimenter les tensions entre les communautés du territoire.
La RN5 au cœur des préoccupations
Au-delà de l’urgence humanitaire, Samy Kalondji plaide également pour la réhabilitation urgente de la Route nationale numéro 5 (RN5), qu’il considère comme un axe essentiel pour l’économie de Fizi et l’acheminement de l’aide humanitaire.
L’état de dégradation avancée de cette infrastructure complique la circulation des personnes et des marchandises et rend également plus difficile l’accès des acteurs humanitaires aux populations vivant dans les zones affectées.
Pour l’administrateur territorial, la réhabilitation de la RN5 permettrait notamment de faciliter le transport des personnes et des produits, mais aussi l’acheminement de l’assistance humanitaire vers les différentes zones du territoire.
Protection des civils et retour à la stabilité
Pour Samy Kalondji, Fizi traverse actuellement une période particulièrement difficile, caractérisée par les violences, les déplacements massifs et la précarité des populations.
Il appelle ainsi les autorités publiques, les acteurs humanitaires et les communautés locales à conjuguer leurs efforts pour répondre aux besoins immédiats des personnes déplacées et créer les conditions d’un retour progressif à la stabilité.
Dans l’immédiat, l’accès à l’aide humanitaire, la protection des populations civiles, la réhabilitation des infrastructures essentielles et la préservation de la cohésion entre les communautés constituent, selon lui, les principales priorités pour le territoire de Fizi.
