Le Collectif de la société civile laïque de la République démocratique du Congo appelle à faire du peuple congolais un acteur central du débat sur l’avenir institutionnel du pays. Dans une déclaration rendue publique mercredi à Kinshasa, la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) et les organisations membres du collectif demandent notamment au président de la République de promulguer la loi relative au référendum, conformément au cadre constitutionnel et légal en vigueur.

Cette prise de position intervient alors que le débat autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution prend de l’ampleur en RDC. Pour les organisations signataires, une question aussi importante ne devrait pas être réduite à des négociations entre acteurs politiques.

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Elles plaident plutôt pour une implication directe des citoyens dans les décisions susceptibles d’engager durablement l’avenir institutionnel du pays.

La Constitution, « propriété du peuple congolais »

Le collectif estime que le débat constitutionnel doit se dérouler dans un cadre transparent et accessible à l’ensemble de la population.

« La Constitution appartient au peuple congolais », soutiennent les organisations signataires.

Elles rejettent ainsi tout processus qui serait conduit dans l’opacité ou sous l’influence d’intérêts particuliers. Selon elles, toute éventuelle réforme de la Loi fondamentale devrait être précédée d’un débat national contradictoire, transparent et inclusif, permettant aux citoyens de comprendre les enjeux et de faire entendre leurs positions.

Le référendum au cœur des revendications

Parmi les principales demandes formulées figure la promulgation de la loi relative au référendum. Les organisations de la société civile laïque souhaitent que les mécanismes permettant au peuple souverain de se prononcer directement sur les grandes questions institutionnelles soient pleinement opérationnels.

Cette revendication intervient alors que plusieurs acteurs politiques se prononcent depuis plusieurs mois sur l’avenir de la Constitution, certains défendant sa révision et d’autres privilégiant des réformes ciblées.

Le collectif dit reconnaître la légitimité de ces différentes positions, mais considère que les citoyens doivent pouvoir participer directement à toute décision concernant l’avenir institutionnel du pays.

La question constitutionnelle dans un éventuel dialogue national

Les organisations signataires souhaitent également que la question de la Constitution soit intégrée aux priorités d’un éventuel dialogue national destiné à rechercher des réponses aux crises politique, institutionnelle, sécuritaire et sociale que traverse la RDC.

Elles préviennent toutefois qu’une telle concertation ne pourrait être véritablement inclusive si certaines questions majeures étaient exclues d’emblée.

Le collectif rejette par conséquent tout dialogue dont les conclusions seraient préalablement définies. Il plaide pour une concertation « libre, inclusive, contradictoire, transparente et représentative », associant les différentes composantes de la société congolaise.

Femmes, jeunes et universitaires appelés à participer

Au-delà des acteurs politiques, les organisations souhaitent notamment voir participer à ce processus la société civile, les universitaires, les femmes, les jeunes et les organisations professionnelles.

Pour le collectif, cette ouverture permettrait de dépasser les traditionnels clivages entre pouvoir et opposition et de faire du débat constitutionnel une véritable question d’intérêt national.

Salomon Kwiraviwe

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