Environ 900.000 personnes déplacées internes vivent actuellement dans des conditions humanitaires extrêmement précaires dans le territoire de Fizi, selon les autorités locales.
L’administrateur du territoire, Samy Kalondji, a indiqué ce lundi 20 avril 2026 à la rédaction de La Prunelle RDC que ces populations ont fui leurs habitations à la suite de la prise de la ville d’Uvira en décembre 2025, ainsi que des affrontements survenus en février et mars 2026 entre les FARDC, appuyées par les Wazalendo, et l’armée rwandaise.
Selon lui, plusieurs villages ont été vidés de leurs habitants, notamment Makobola 2, Bangwe, Kasekezi et Munene, situés dans les secteurs du Tanganyika, des hauts plateaux de Minembwe et d’Itombwe. Les populations déplacées ont trouvé refuge principalement dans le secteur de Lulingu.
Le territoire de Fizi est ainsi devenu un important centre d’accueil pour ces déplacés, répartis sur plusieurs axes, notamment Makobola, le littoral du lac Tanganyika, Fizi-centre, Sebelenemba et Lulimba-Kilembwe.
« Ces déplacés sont estimés à plus de 900.000 personnes », a précisé l’administrateur de territoire de Fizi.
La situation humanitaire reste préoccupante, en particulier pour les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les personnes âgées. La déscolarisation des enfants est largement observée, exposant ces derniers à des risques accrus, notamment la délinquance juvénile.
Si certains partenaires humanitaires interviennent déjà sur l’axe de Makobola, Samy Kalondji souligne que plusieurs autres zones restent encore sans assistance suffisante, faute d’évaluations complètes des besoins.
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Les déplacés expriment des besoins urgents en abris, en vivres et non-vivres, en assistance psychosociale pour les personnes traumatisées, ainsi qu’en prise en charge sanitaire pour les femmes enceintes. L’accès à l’éducation pour les enfants et à des infrastructures de base, notamment l’eau potable et des installations sanitaires adéquates, demeure également une priorité.
Face à cette crise humanitaire d’ampleur, les autorités locales appellent le gouvernement et les partenaires humanitaires à intensifier leur mobilisation afin d’apporter une réponse rapide et adaptée aux besoins des populations affectées.
Sylvie Bahati
