Le Mouvement citoyen de la Société Civile du Congo (MSCO) du territoire de Mwenga et de la ville de Kamituga alerte sur la recrudescence des tracasseries fiscales et routières, ainsi que sur des abus présumés commis par certains agents de l’État. Dans une correspondance adressée au gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, ces organisations citoyennes appellent à une intervention urgente des autorités provinciales.
Dans ce document consulté lundi 20 avril 2026 par la rédaction de La Prunelle RDC, le MSCO décrit un climat marqué par des extorsions, des intimidations et des brutalités, dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon cette structure, certains agents publics, notamment ceux repliés dans les zones non occupées par des groupes armés, en particulier dans les chefferies de Luhwindja et de Burhinyi, procèdent à des perceptions manuelles de taxes auprès des commerçants. Des pratiques jugées illégales, souvent accompagnées de menaces, de séquestration de marchands, de scellage de boutiques et même de fermeture d’activités minières artisanales.
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Le MSCO dénonce également le recours abusif à la police, et parfois à des groupes armés, pour imposer ces recouvrements forcés, renforçant ainsi un climat de peur au sein des populations locales.
Par ailleurs, la dégradation de la situation routière aggrave les difficultés économiques. La coupure de la route nationale numéro 2 (RN2) au niveau de Kibumba complique fortement l’acheminement des marchandises en provenance de Bukavu. Celles-ci sont désormais déchargées dans des zones improvisées en brousse, exposées aux intempéries et aux pillages.
Les habitants sont contraints de transporter les marchandises à dos d’homme sur près de neuf kilomètres jusqu’à Mwenga, avant leur réacheminement vers Kamituga et Kitutu. Une situation qui entraîne des pertes économiques considérables et expose transporteurs et motards à de nouvelles formes d’abus.
Face à ces réalités, le MSCO formule plusieurs recommandations. Le mouvement plaide notamment pour l’implication des opérateurs économiques dans l’élaboration des budgets locaux afin d’éviter des taxes jugées arbitraires, la suspension des opérations de taxation en attendant une concertation avec les autorités, ainsi que la réhabilitation urgente du tronçon Kibumba–Mwenga de la RN2.
Il appelle également à la réouverture des axes Mwenga–Tchabene–Kilembwe–Fizi–Uvira et à la mise en place de mesures d’exonération temporaire en faveur des populations affectées, en attendant l’amélioration des conditions de circulation et la suppression des barrières illégales.
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Le MSCO met en garde contre les conséquences d’une inaction des autorités, estimant que l’indifférence face à ces abus pourrait être perçue comme un « crime économique » et susciter des mouvements de contestation populaire.
Le mouvement citoyen exhorte enfin le gouverneur Jean-Jacques Purusi à prendre des mesures urgentes pour restaurer l’ordre, protéger les activités économiques et mettre fin à ce qu’il qualifie de « loi de la jungle ».
Edith Kazamwali
