Alors que le monde a célébré ce 1er juin la Journée mondiale des parents, à Bukavu, cette commémoration semble avoir perdu toute son importance pour de nombreuses familles confrontées à une situation sécuritaire et économique de plus en plus difficile.
Ce constat a été fait par la rédaction de La Prunelle RDC à travers plusieurs entretiens réalisés avec des habitants de différents quartiers de la ville.
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Placée cette année sous le thème « Ensemble pour les parents », cette journée met en avant l’importance du soutien aux personnes chargées de l’éducation et de l’encadrement des enfants, tout en insistant sur le rôle des politiques publiques et de la solidarité collective face aux défis modernes de la parentalité.
Mais à Bukavu, plusieurs parents affirment ne plus ressentir l’ambiance qui caractérisait autrefois cette célébration.
Rencontré à la place Mulamba, Jean Bashige, père de six enfants, explique que cette journée a perdu son éclat à cause de la crise économique et de l’insécurité persistante liée à la guerre.
Selon lui, autrefois, cette journée était célébrée dans une ambiance festive, notamment grâce au paiement régulier des salaires des agents de l’État.
« Les gens sont en crise économique, la guerre aussi bloque toutes les activités. C’est pourquoi la journée d’aujourd’hui est froide. Comme recommandation, je peux proposer au gouvernement de faire tout son possible pour que nous revenions encore aux habitudes d’autrefois concernant cette journée », déclare-t-il.
De son côté, Bintu Tuombe estime que cette Journée mondiale des parents intervient dans un contexte particulièrement difficile marqué par le chômage, l’insécurité et la perte de nombreux proches.
Elle souligne que les préoccupations quotidiennes empêchent désormais plusieurs familles de penser à cette célébration.
« La journée d’aujourd’hui s’est passée dans de mauvaises conditions parce que beaucoup de personnes ont perdu leurs parents. Les gens sont en chômage à cause de la situation sécuritaire actuelle. Cela provoque un manque d’emplois pour la population. Beaucoup de personnes ne savent même plus qu’aujourd’hui c’est la Journée mondiale des parents », regrette-t-elle.
À Nyawera, Veneranda Mwamini affirme que cette journée semble aujourd’hui inexistante tant les difficultés de la vie ont pris le dessus.
« La Journée mondiale des parents, c’est comme si elle n’existait plus. Avant, on en parlait même à la radio, les enfants restaient à la maison pour fêter avec leurs parents. Mais aujourd’hui, nous n’avons même plus les moyens de payer les études des enfants », explique-t-elle.
Même inquiétude chez Zawadi Mudosa, qui évoque le poids des responsabilités auxquelles font face les parents dans le contexte actuel du Sud-Kivu.
« On commence même à oublier cette journée parce que nous avons beaucoup de choses dans nos têtes. Nous ne sommes plus stables. Chaque jour, nous nous demandons comment les enfants vont étudier, s’habiller ou même manger avec la situation actuelle », témoigne-t-elle.
Proclamée par les Nations Unies en 2012, la Journée mondiale des parents vise à rendre hommage au dévouement et aux sacrifices consentis par les parents pour l’éducation, la protection et l’épanouissement de leurs enfants.
Cependant, au Sud-Kivu, le contexte marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et les défis sociaux pousse plusieurs familles à considérer cette journée comme secondaire, voire inexistante.
Les témoignages recueillis à Bukavu traduisent ainsi un profond besoin de stabilité, de paix et d’actions concrètes capables de soutenir les familles dans leurs responsabilités quotidiennes envers les enfants, notamment en matière d’éducation, d’alimentation et de protection.
Stagiaires UOB, Busime Zagabe et Aganze Kabindi
