L’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) a annoncé, dans une décision signée le 16 avril 2026 à Kinshasa par son président national, le professeur Modeste Bahati Lukwebo, la radiation définitive de deux de ses membres, à savoir Clovis Otto Bahizi et Patrick Munyomo Basilwango. Une décision immédiatement rejetée par la coordination des groupes parlementaires et politiques de l’AFDC et alliés (AFDC-A), qui en conteste la légalité.
Selon la décision, ces deux cadres du parti sont sanctionnés pour « des faits graves de rébellion vis-à-vis des décisions du parti et de dissidence ». Le document précise que cette mesure fait suite à un dossier disciplinaire ouvert à leur charge, dont les conclusions de la commission de discipline ont retenu des violations graves des statuts et du règlement intérieur de l’AFDC.
S’appuyant sur la Constitution de la RDC, la loi sur les partis politiques ainsi que sur plusieurs résolutions issues des troisième et quatrième congrès ordinaires du parti, la direction de l’AFDC estime agir dans le cadre de la restructuration et de la réorganisation internes, mandat confié au président national. La décision indique que la radiation prend effet à la date de sa signature et charge le secrétaire général d’en assurer la notification officielle.
Mais cette mesure est loin de faire l’unanimité au sein de la famille politique qui traverse une crise profonde depuis l’éviction de Lukwebo du bureau du Sénat.
Dans une déclaration également datée du 16 avril 2026, la coordination des groupes parlementaires et politiques de l’AFDC-A, se réclamant « fidèles et loyaux aux institutions du pays », rejette catégoriquement cette décision et la qualifie de « nulle, irrégulière et juridiquement inopposable ».
Ces parlementaires s’appuient notamment sur une correspondance officielle du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, datée du 13 avril 2026, suspendant toute validation des résolutions issues du quatrième congrès ordinaire de l’AFDC, en attendant un examen approfondi du dossier. Elle évoque ainsi l’existence d’un contentieux interne pendant devant l’autorité de régulation des partis politiques.
Dans ce contexte, ces parlementaires estiment que Modeste Bahati Lukwebo « ne dispose, à ce jour, d’aucune qualité juridique ni légitimité pour engager l’AFDC », et donc encore moins pour prononcer des sanctions disciplinaires. Ils considèrent dès lors que la radiation visant notamment le député national Patrick Munyomo est intervenue en violation des règles de compétence et du principe de suspension des actes en période de litige.
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Ces parlementaires estiment par ailleurs que Patrick Munyomo demeure membre à part entière de leur regroupement, qu’ils présentent comme fidèle à la haute autorité politique de l’Union sacrée de la Nation, incarnée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Enfin, ce groupe frondeur contre Lukwebo appelle au respect du processus d’arbitrage en cours au ministère de l’Intérieur, qu’elle considère comme la seule instance habilitée à trancher définitivement ce différend, révélateur de profondes divisions internes au sein de cette formation politique congolaise, jusque là membre de l’Union Sacrée de la Nation.
