Le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a suspendu le traitement des résolutions du 4ᵉ Congrès ordinaire de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), évoquant l’existence d’une opposition à leur validation. Une position immédiatement contestée par le parti politique, qui dénonce une démarche émanant de personnes non habilitées.
Dans une correspondance datée du 13 avril 2026, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Shabani Lukoo Bihango, accuse réception de la lettre de l’AFDC du 25 mars 2026 relative à la transmission des résolutions notariées issues du Congrès tenu le 15 mars 2026 à Kinshasa.
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Le ministre indique cependant que son administration « a reçu une opposition à la validation dudit congrès » et précise qu’elle « ne pourra donner suite » à la requête du parti avant un examen approfondi du dossier par le Secrétariat général aux Relations avec les partis politiques. Il invite, à cet effet, le Secrétaire général de l’AFDC à se présenter pour une séance de travail.
En réaction, l’AFDC, à travers une lettre datée du 15 avril 2026 et signée par son secrétaire Guy-Richard Malongo Bilamba, rejette fermement cette opposition et s’étonne qu’elle ait été prise en compte par le ministère.
Le parti rappelle que, conformément à ses statuts et à son règlement intérieur, le Congrès constitue l’organe suprême, seul habilité à statuer sur les questions relatives à son idéologie, sa doctrine et ses orientations fondamentales.
À ce titre, précise la correspondance, l’initiateur et autorité morale du parti, Modeste Bahati Lukwebo, assure de plein droit la présidence du Bureau du Congrès, instance compétente pour transmettre les résolutions adoptées, directement ou par mandataire dûment habilité.
L’AFDC affirme dès lors que toute contestation émanant de personnes ne disposant ni de qualité ni de mandat est « irrecevable » et ne saurait remettre en cause la validité des résolutions issues du Congrès.
« Il n’est pas concevable que des individus dépourvus de titre, de qualité ou de mandat se prévalent d’une quelconque légitimité en marge des organes suprêmes du parti », souligne la formation politique.
Malgré cette divergence, l’AFDC se dit disposée à collaborer avec les services compétents du ministère afin de fournir « tous les éclaircissements nécessaires » sur la régularité du Congrès et la validité de ses décisions.
Cet échange met en évidence des tensions au sein de l’AFDC-A de Lukwebo où deux parties s’affrontent désormais après l’éviction de Lukwebo du bureau du Sénat après une sortie médiatique jugée inacceptable par de nombreux acteurs politiques de l’Union Sacrée de la Nation, l’accusant de manquer de loyauté au Président Tshisekedi.
La situation démontre également que les tensions sont vives au sein de l’Union Sacrée, plateforme de soutien au Président de la RDC. Dans le passé, les acteurs ayant été considérés comme « suspectes » au sein de la majorité présidentielle en RDC ont vu leurs partis divisés au profit des frondeurs. L’AFDC-A va-t-elle vers cette implosion ? C’est ce qu’on verra.
