L’opposant congolais et président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Martin Fayulu, plaide pour un dialogue national véritablement inclusif, représentatif et orienté vers la recherche de solutions durables aux crises politiques, sécuritaires et sociales que traverse la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée ce jeudi 26 février 2026, il affirme que la paix durable et le développement national nécessitent un cadre de dialogue qui ne soit pas limité à quelques acteurs politiques, mais qui donne voix à l’ensemble des composantes de la société congolaise.
Pour l’opposant, l’inclusivité doit être un principe structurant du processus de paix dans un pays vaste, pluriculturel et marqué par des défis sécuritaires persistants.
Il estime que chaque région et chaque communauté porte une part de la « vérité nationale » et que l’exclusion de certaines voix pourrait fragiliser la légitimité du processus de dialogue.
Selon lui, la représentativité doit impliquer les partis politiques, la Société Civile, les mouvements citoyens, les confessions religieuses, les autorités traditionnelles ainsi que les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, les déplacés internes, la diaspora et même les groupes armés.
Martin Fayulu déplore par ailleurs que plusieurs résolutions issues des dialogues antérieurs n’aient pas été pleinement mises en œuvre, situation qui aurait nourri la méfiance d’une partie de la population envers les processus politiques nationaux.
Il recommande à cet effet la transparence dans l’organisation du dialogue, la définition claire des critères de participation ainsi que l’engagement à appliquer les décisions qui en découleront.
Sept priorités proposées pour le dialogue national
Après l’identification des causes structurelles des crises congolaises, l’opposant propose que le dialogue aborde sept thématiques majeures : l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale, incluant les réformes de l’armée et des services de sécurité, la gouvernance éthique, la rationalisation des finances publiques et la lutte contre la corruption, le détournement de fonds et l’enrichissement illégal, la justice, les droits humains et l’égalité des citoyens devant la loi , les réformes électorales visant à garantir la transparence et la crédibilité des élections prévues en 2028, la promotion de la coexistence pacifique entre les communautés ethniques congolaises, le renforcement de la stabilité régionale, notamment dans la zone des Région des Grands Lacs, l’analyse juridico-politique exhaustive des résolutions issues des dialogues, tables rondes et négociations organisées depuis 1958 afin d’évaluer leur niveau d’application et d’en dégager une doctrine cohérente de gouvernance.
Martin Fayulu souligne que le dialogue doit être un mécanisme de résolution pacifique des conflits et non un simple exercice politique.
« Le dialogue n’efface pas les divergences ; il les organise dans un cadre pacifique et constructif. Ce qui importe, ce n’est pas que nous pensions tous de la même manière, mais que nous cherchions ensemble des solutions dans l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il déclaré.
Dans cette déclaration, l’opposant salue également la volonté du président angolais João Lourenço de parrainer le dialogue national congolais, estimant que cette médiation portée par l’Angola pourrait favoriser l’avancement du processus de paix en RDC.

