À l’occasion du lancement de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, La Prunelle RDC s’est entretenue avec Cécilia Bulonza, 29 ans, une jeune entrepreneure déterminée à combattre la malnutrition grâce à la production d’une farine de bouillie enrichie, adaptée aux enfants de 0 à 5 ans, aux femmes enceintes et aux femmes allaitantes. Une initiative portée par son organisation Kivu Foods Safety (KIFSA).
Originaire de Bukavu, Cécilia explique que sa motivation est née après une descente sur le terrain dans le groupement de Mudusa, en territoire de Kabare, où elle a pu observer de près les réalités sociales de la communauté.
« Nous avions effectué une descente sur terrain dans le Groupement de Mudusa, et nous avons constaté qu’il y a un problème de malnutrition. C’est ce qui m’avait poussée en amont à chercher des solutions palliatives à ce problème », raconte-t-elle.
À travers son entreprise, Cécilia souhaite remédier aux problèmes de malnutrition et voir une société en meilleure santé à Bukavu et dans ses périphéries. Pour atteindre cet objectif, plusieurs techniques de promotion sont mises en œuvre.
– porte-à-porte dans les différentes communes et quartiers de la ville ;
– publication des produits sur les réseaux sociaux ;
– mise en avant des propriétés nutritives de la farine, riche en protéines végétales.
Malgré les stratégies commerciales mises en place, Cécilia souligne les difficultés qu’elle rencontre, notamment celles liées au marché de l’emploi et à la concurrence étrangère.
« Sur le cas lié au marché d’emploi, nous avons un problème avec les produits nutritionnels à Bukavu où les importations des pays étrangers éblouissent les marchés des produits nutritionnels locaux. Nous avons des difficultés à pénétrer ledit marché », explique-t-elle.
Malgré cela, elle avance petit à petit, avec les moyens dont elle dispose, pour surmonter ces obstacles.
Des résultats encourageants et des ambitions plus larges
Au-delà des défis, Cécilia se réjouit des résultats déjà obtenus, affirmant que la population apprécie l’utilité de son produit. Elle ambitionne d’étendre son service dans toute la province, et même d’aller au-delà des frontières.

Entrepreneuriat et vie familiale : un équilibre délicat mais possible
Mariée aujourd’hui, elle reconnaît que l’entrepreneuriat l’a aidée à répondre à ses besoins personnels et familiaux. Elle assure toutefois que concilier vie professionnelle et vie familiale n’est pas facile, mais possible avec une bonne gestion du temps.
« Le travail m’a aidée à être autonome. Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat en étant célibataire et je répondais toujours à mes besoins. En tant que femme mariée, l’entrepreneuriat me permet de ne plus dépendre de mon mari, d’apporter quelque chose afin qu’on avance convenablement », explique-t-elle.
Elle affirme que les consommateurs de ses produits sont satisfaits, une conclusion qu’elle tire des feedbacks reçus quotidiennement. Elle souligne également que les produits restent abordables, permettant aux familles à faible revenu d’y accéder facilement.
Selon elle, les clients demandent de ne pas abandonner ces familles vulnérables, rappelant que la malnutrition touche davantage les ménages à faible revenu, faute d’accès à des aliments nutritifs à cause de la hausse des prix.
En fin, Cécilia Bulonza lance un appel aux femmes qui hésitent encore à se lancer dans l’entrepreneuriat : briser la peur, travailler dur et persévérer. « Ça demande du courage, de la patience. On ne peut pas semer aujourd’hui et récolter demain », rappelle-t-elle.
Suzanne Baleke


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