Le mouvement politique Sauvons la RDC a condamné les sanctions imposées par les États-Unis contre l’ancien président congolais Joseph Kabila, qualifiant cette décision « d’arbitraire » et « d’injustifiée ».
Dans un communiqué publié mardi 5 mai 2026, cette plateforme politique affirme avoir appris « avec grande indignation » la décision de l’administration américaine visant l’ancien chef de l’État congolais.
Ces réactions interviennent quelques jours après l’annonce officielle, le 30 avril 2026, de sanctions prises conjointement par le Département d’État américain et le département du Trésor des États-Unis contre Joseph Kabila. Washington accuse l’ancien président d’avoir apporté un soutien matériel, financier et politique à des groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment le M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Selon l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain, ces groupes armés seraient responsables de l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC, marquée par des milliers de morts civils et des déplacements massifs de populations.
Les sanctions prises dans le cadre du décret présidentiel américain 13413 impliquent notamment le gel des avoirs de Joseph Kabila aux États-Unis ainsi que l’interdiction pour les citoyens et entités américaines d’effectuer des transactions avec lui.
Washington affirme également que l’ancien président aurait fourni un soutien financier à l’AFC afin d’influencer la situation politique dans l’Est du pays et encouragé des défections au sein des Forces armées de la RDC en faveur de cette coalition rebelle dirigée par Corneille Nangaa.
Dans son communiqué, le mouvement « Sauvons la RDC » rejette ces accusations et estime qu’elles reposent sur « des allégations non étayées, des accusations dénuées de preuves et des rumeurs sans fondement ».
La plateforme accuse également les autorités américaines d’avoir repris « un narratif fallacieux » attribué au gouvernement de Kinshasa.
Selon le mouvement, cette décision aurait été « sollicitée et obtenue par le gouvernement de Kinshasa » et s’inscrirait dans une logique de soutien politique au pouvoir en place « au mépris des principes d’équité, d’impartialité et du respect de la souveraineté » de la RDC.
Le communiqué rappelle le rôle joué par Joseph Kabila dans l’histoire récente du pays, notamment dans la fin de la guerre de 1998-2003, la réunification du territoire national, l’organisation des premières élections démocratiques et l’alternance pacifique du pouvoir en 2019.
« Le Président Kabila est ce Président de la République congolaise qui, par sa gouvernance basée sur le dialogue et la recherche de l’inclusivité, a réussi à mettre fin à la guerre de 1998 à 2003, réunifier le pays et organiser les premières élections générales réellement démocratiques », soutient le document.
Le mouvement relève également ce qu’il considère comme des contradictions dans la position des autorités américaines. Il affirme que Washington avait soutenu la transition pacifique de 2019 avant de sanctionner aujourd’hui « le principal artisan » de cette alternance.
Dans le même texte, « Sauvons la RDC » accuse les autorités actuelles de graves violations des droits humains, évoquant notamment des « arrestations arbitraires », des « détentions sans procès », des « massacres de civils » ainsi que le « refus persistant du dialogue politique ».
La plateforme dénonce aussi le « silence » des États-Unis face à certaines situations concernant Joseph Kabila, notamment son départ du pays, sa condamnation à mort prononcée après son retour par le Nord-Kivu ainsi qu’une présumée tentative d’assassinat par drones.
Pour les signataires du communiqué, les sanctions américaines risquent d’aggraver davantage la crise politique congolaise au lieu de contribuer à sa résolution.
« Cette décision ne contribue pas à résoudre la crise. Bien plus, elle est en incohérence manifeste avec le statut de Médiateur-Facilitateur (…) qui est censé être celui des États-Unis d’Amérique », estime le mouvement.
Enfin, « Sauvons la RDC » appelle le gouvernement américain à reconsidérer sa décision et à lever les sanctions prises contre Joseph Kabila, qu’il juge « inopportunes et contre-productives ».
Le communiqué est signé notamment par André Claudel Lubaya, Franck Diongo, Jean-Claude Vuemba, Raymond Tshibanda et Augustin Matata Ponyo.
