À Goma, alors que la technologie et l’internet continuent d’évoluer, Nathalie Banyanga, ingénieure A0 en informatique appliquée, se distingue en connectant les foyers et entreprises à travers ses compétences en télécommunications et la fibre optique.
Depuis son parcours scolaire au collège Mwanga, Nathalie a nourri une passion pour les sciences informatiques et la technologie.
« À l’obtention de mon diplôme, j’ai pensé poursuivre mes études au Burundi en télécommunications, mais pour des raisons familiales ce n’était pas possible. Je me suis donc orientée vers l’Université catholique la Sapientia (UCS) à Goma, puis l’ISTA en informatique appliquée, jusqu’à l’obtention de mon diplôme d’ingénieure », explique-t-elle.
Au fil de son parcours universitaire, Nathalie a été captivée par l’optique linéaire et optoélectronique, découvrant le rôle crucial de la fibre optique dans la connectivité.
« La fibre optique est une technologie récente et fragile. Pour bien comprendre les réseaux et l’internet, il faut maîtriser les télécommunications. Mon travail consiste à connecter chaque maison et à relier les antennes BTS pour améliorer la qualité de la connexion. »
Actuellement, elle travaille chez Canal Box comme technicienne OSP (Outside Plant) et ISP (Inside Plant) et est certifiée par NETIS Group RDC en travaux en hauteur et réhabilitation électrique. Son quotidien est physique et exigeant : montée sur des poteaux, interventions sur toits, passages dans les plafonds et déplacements pour maintenance et installations FTTH (Fiber To The Home).

Dans un domaine largement dominé par les hommes, Nathalie fait face aux stéréotypes et aux défis physiques.
« Être une femme ingénieure dans ce secteur n’est pas facile. Chaque minute passée aux côtés des hommes est un apprentissage. Il faut se surpasser, prouver ses compétences et multiplier les efforts. »
Malgré ces obstacles, elle inspire les femmes à embrasser des carrières techniques et à se former continuellement : « Le numérique et les réseaux évoluent chaque jour. Il faut vivre cette discipline quotidiennement pour ne pas perdre le fil. »
Pour Nathalie, la fibre optique n’est pas seulement une technologie : c’est un vecteur de développement et d’égalité. Elle rêve d’un accès universel à Internet rapide et fiable, permettant à tous, partout, d’exploiter les ressources numériques pour l’éducation, le travail et l’innovation.
« Ma vision est que chacun ait accès à un internet illimité, fiable et abordable. Le développement d’un pays commence par là. »
Elle appelle les jeunes filles et femmes à oser les métiers techniques, à créer des entreprises dirigées par elles et à démontrer au monde que compétence et détermination dépassent le genre.
« Même dans des métiers dits d’hommes, les femmes peuvent réussir seules, sans aide extérieure. Il est temps de prouver notre force et notre capacité à transformer la société. »
À Goma, Nathalie Banyanga incarne le futur de la technologie congolaise, reliant les foyers grâce à la fibre optique et connectant la détermination féminine à l’innovation, un exemple inspirant pour toute une génération.
