À l’occasion de la Journée mondiale de la plomberie célébrée ce 11 mars, le regard se tourne vers ces artisans indispensables qui assurent chaque jour l’accès à l’eau et à l’assainissement. À Bukavu, les plombiers font face à un quotidien marqué par des infrastructures précaires, des contraintes économiques importantes et un manque de modernisation.
Si l’eau qui coule au robinet semble être une évidence, elle résulte d’un travail complexe rendu difficile par les réalités locales. La rédaction de La Prunelle RDC a rencontré des professionnels qui, malgré leur savoir-faire, se sentent freinés dans l’exercice de leur métier.
Les plombiers sont confrontés à une planification urbaine souvent inexistante. « Nous travaillons dans des espaces inadaptés », confie Kashosi Jobic. L’absence de réseaux d’eau et d’assainissement modernes rend parfois impossible l’installation de systèmes efficaces. Le plombier devient alors un « bricoleur de génie », cherchant à pallier les insuffisances du réseau public par des solutions de fortune.
Le métier souffre également de contraintes économiques. D’un côté, des ménages au pouvoir d’achat limité peinent à investir dans des installations durables ; de l’autre, les matériaux de qualité restent coûteux.
Pour les femmes, le défi est aussi culturel. Antoinette Ombeni Mulago, jeune professionnelle dans la plomberie, explique : « La discrimination est une réalité quotidienne. Trop souvent, les clients doutent de la compétence des femmes dans ce domaine technique. » Cette perception archaïque limite non seulement l’accès des femmes à l’emploi, mais empêche aussi la diversification des talents dans le secteur.
Les clients signalent également la présence de personnes se faisant passer pour des professionnels qualifiés, mais manquant d’expertise technique, ce qui rend leurs interventions inefficaces, voire préjudiciables. Certaines usurpent même la confiance des clients en exigeant le règlement complet des travaux avant de disparaître sans honorer leur engagement.
En cette Journée mondiale, le message des plombiers de Bukavu est clair : ils demandent non seulement une meilleure reconnaissance, mais aussi les moyens d’exercer dignement leur profession. « Nous sommes les premiers remparts contre les maladies liées à l’eau insalubre », rappellent-ils.
