L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, prend la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), un nouveau mouvement politico-militaire annoncé lundi 12 octobre 2026 à Goma, dans l’est du pays. Cette structure, qui affirme succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), réunit plusieurs figures de l’AFC(M23 et dit vouloir mettre fin au pouvoir du président Félix Tshisekedi « par tous les moyens, y compris la force ».
Dans sa déclaration, le FRN qualifie le régime de Félix Tshisekedi de « tyrannie » et invoque l’article 64 de la Constitution congolaise pour justifier son action. Le mouvement affirme vouloir engager une démarche de « libération » du pays, en mobilisant les forces et les ressources de ses membres.
« Les signataires ont décidé de mutualiser leurs forces, ressources et moyens pour créer un cadre d’action à travers lequel tous les Congolais à l’unisson vont entreprendre l’œuvre de la libération de leur pays. Ainsi, en vertu de l’article 64 de la Constitution », indique la déclaration annonçant la création du mouvement.
Une direction composée de figures de l’AFC-M23
La direction annoncée du FRN est composée de Joseph Kabila à la présidence, tandis que Bertrand Bisimwa et Corneille Nangaa occupent des fonctions de vice-présidents. Le général Sultani Makenga est également présenté comme vice-président et chef d’état-major général. Freddy Kaniki est désigné secrétaire général et Benjamin Mbonimpa secrétaire général adjoint.
Cette nouvelle organisation marque une recomposition de la direction politico-militaire jusque-là associée à l’Alliance Fleuve Congo et au Mouvement du 23 mars (AFC-M23). La déclaration annonce la fin de l’existence de l’AFC et précise que le FRN lui succède. Les contours exacts de cette réorganisation, notamment en ce qui concerne le fonctionnement de la branche armée, restent toutefois à préciser.
Une réorganisation annoncée dans un rapport de l’ONU
La création du FRN intervient alors que le rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, daté du 11 juin 2026, évoquait déjà une restructuration profonde de l’AFC/M23. Selon ce document, plusieurs sources au sein du mouvement et des services de renseignement avaient signalé aux experts qu’un changement de nom et une réorganisation de la direction étaient imminents, avec l’attribution de fonctions de premier plan à Joseph Kabila.
Le rapport relevait également le rapprochement public entre l’ancien chef de l’État et les responsables de l’AFC-M23, mentionnant notamment ses déplacements dans des territoires contrôlés par le mouvement et ses rencontres avec ses dirigeants.
Les experts estimaient que la visibilité croissante de Joseph Kabila pouvait contribuer à présenter l’AFC-M23 comme un mouvement congolais répondant à un problème interne, au risque d’occulter le rôle du Rwanda évoqué dans le rapport. Cette analyse constitue l’appréciation des experts des Nations unies sur les enjeux politiques de cette recomposition.
Avec l’annonce du Front pour la refondation de la Nation, Joseph Kabila se retrouve désormais officiellement à la tête d’une structure politico-militaire regroupant plusieurs dirigeants de l’AFC-M23, dans un contexte de conflit persistant dans l’est de la RDC et de démarches diplomatiques visant à parvenir à une solution.
