La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le territoire de Kalehe, où des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23 continuent de causer d’importants dégâts. Dernier incident en date : le pillage des installations de la radio communautaire Ziralo FM à Tushuguti, centre administratif du groupement de Ziralo, dans la chefferie de Buhavu.
Selon les informations recueillies ce mardi 14 avril 2026, dans la nuit du 6 au 7 avril, l’intensification des combats dans la zone ont contraint les journalistes et techniciens à fermer temporairement la station et à se déplacer vers un site jugé plus sécurisé.
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Profitant de cette absence, des individus non identifiés ont fait irruption dans les installations de la radio et ont emporté plusieurs équipements essentiels à son fonctionnement.
« Des personnes inconnues ont forcé les portes et les fenêtres du studio avant d’emporter des batteries, des panneaux solaires, des convertisseurs, des mixeurs, des microphones ainsi que des ordinateurs », explique Nelson Kitumaini, responsable de la radio.
Ce pillage met gravement en péril les activités de ce média communautaire, qui jouait un rôle central dans la sensibilisation de la population, notamment sur le vivre-ensemble et la lutte contre le tribalisme dans un contexte marqué par l’insécurité.
Depuis cet incident, les activités de la radio sont fortement perturbées. Le responsable indique que les émissions sont désormais réduites au strict minimum, faute d’équipements adéquats.
« Aujourd’hui, nous essayons de travailler difficilement. Là où nous pouvions émettre pendant 6 à 8 heures, cela n’est plus possible faute d’énergie et de matériel », déplore-t-il.
Face à cette situation, la direction de Ziralo FM lance un appel urgent aux organisations partenaires et aux structures d’appui aux médias afin de bénéficier d’une assistance matérielle, indispensable pour relancer pleinement ses activités.
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Ce nouvel acte de pillage illustre les conséquences directes du conflit armé sur les médias locaux dans le Sud-Kivu, fragilisant davantage l’accès à l’information pour les populations déjà affectées par l’insécurité.
Suzanne Baleke et Ariel Bahati, stagiaire
