La crise sécuritaire et économique qui secoue la province du Sud-Kivu affecte durement les populations les plus vulnérables. Parmi elles, les personnes en situation de handicap vivent une précarité accrue, marquée par le manque de moyens financiers et l’accès limité aux biens essentiels à leur survie.
Dans la ville de Bukavu, les effets de l’escalade des conflits armés sont visibles. Plusieurs personnes vivant avec handicap sont désormais contraintes de solliciter l’aide des passants pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Une réalité qui s’est intensifiée avec la persistance de la crise humanitaire et économique.
Monsieur Jacques NAMEGABE, Secrétaire urbain de la Fédération Nationale des Associations des Personnes Vivant avec Handicap, explique que ces personnes font face à de multiples défis : « déplacements difficiles en raison de l’insécurité, manque d’alimentation, accès limité aux soins médicaux et interruption de la scolarité pour les enfants vivant avec handicap ».
Il demande l’implication de toute la communauté et des organisations humanitaires afin de faciliter l’inclusion effective des personnes vivant avec handicap.
Kamanyola : la mendicité comme ultime recours
Dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu, la situation est tout aussi préoccupante. Les personnes vivant avec handicap y traversent une crise socio-économique extrêmement difficile.
La paralysie des activités frontalières depuis plus d’une année a supprimé leurs petites sources de revenus. Selon Monsieur Mafikiri, plusieurs dépendaient du petit commerce transfrontalier ou d’activités informelles aujourd’hui à l’arrêt.
Privées de ces moyens de subsistance, beaucoup n’ont d’autre choix que de se rendre dans les rues, aux marchés et sur les places publiques pour demander de l’aide.
« La mendicité n’est pas un choix, mais une stratégie de survie imposée par les circonstances », confie un habitant. Derrière chaque main tendue se cache un appel à la solidarité.
Kabare : une vulnérabilité aggravée
Dans le territoire de Kabare, la crise humanitaire et économique a également détérioré les conditions de vie des personnes en situation de handicap.
Beaucoup vivaient de petites activités génératrices de revenus aujourd’hui interrompues par l’insécurité. D’autres dépendaient du soutien de proches, eux-mêmes frappés par le chômage ou la perte de leurs moyens d’existence.
La Nouvelle Dynamique de la Société Civile, sous-noyau de Mudusa à Kabare, appelle les organisations humanitaires à intervenir en faveur de ces personnes particulièrement vulnérables, affectées de plein fouet par les conflits armés.
Une urgence humanitaire inclusive
La situation décrite à Bukavu, Kamanyola et Kabare est similaire dans plusieurs autres zones du Sud-Kivu. Les personnes vivant avec handicap subissent une double peine : l’impact direct de la crise sécuritaire et les barrières structurelles qui limitent leur accès aux services essentiels.
Face à cette réalité, les acteurs humanitaires sont appelés à intégrer systématiquement la dimension du handicap dans leurs programmes d’assistance. Une réponse adaptée incluant aide alimentaire, accès aux soins, soutien psychosocial et appui aux moyens de subsistance pourrait transformer une survie précaire en perspective d’autonomie et de dignité.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

