Dans la province du Sud-Kivu, les conflits armés continuent d’affecter durement les populations civiles, en particulier les groupes les plus vulnérables. A Walungu comme à Idjwi, les personnes vivant avec handicap ainsi que les personnes du troisième âge font face à de multiples difficultés pour survivre dans un contexte marqué par les déplacements, l’insécurité et la précarité économique.
A Walungu, dans le groupement de Ngweshe, plusieurs personnes vivant avec handicap éprouvent de sérieuses difficultés à se déplacer lors des affrontements et de se mettre à l’abri du danger et ont été contraintes de rester dans des zones exposées aux violences.
Selon des témoignages recueillis sur place, plusieurs personnes en situation de handicap ont été abandonnées dans leurs villages au plus fort des affrontements, augmentant leur vulnérabilité face aux risques sécuritaires et humanitaires.
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Aujourd’hui, alors que certains déplacés commencent à retourner progressivement dans leurs milieux d’origine, ces personnes restent parmi les plus affectées. Elles manquent de nourriture, d’abris et d’autres biens essentiels à leur survie. Les difficultés économiques aggravent davantage leur situation, limitant leurs capacités à reconstruire leurs moyens de subsistance.
La situation des enfants issus de ces familles est également préoccupante. Plusieurs d’entre eux ne fréquentent plus l’école et font face à un manque d’accès à une alimentation adéquate.
Par ailleurs, sur l’île d’Idjwi, les personnes du troisième âge rencontrent également d’importants défis liés à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République Démocratique du Congo. Selon plusieurs habitants, ces personnes âgées sont souvent oubliées dans les programmes d’aide humanitaire.
Parmi les difficultés les plus évoquées figurent le manque d’accès à l’assistance humanitaire, l’impossibilité d’adhérer aux mutuelles de santé en raison de contraintes financières, ainsi que l’accès limité aux soins médicaux, alors même que leur état de santé nécessite une attention particulière.
Face à cette réalité, des acteurs de la société civile plaident pour une meilleure prise en compte des besoins spécifiques de ces groupes dans les réponses humanitaires. C’est notamment le cas de Jean Moreau Tubibu, animateur au sein du Groupe Jérémie, qui recommande l’intégration systématique des personnes vivant avec handicap dans les plans d’urgence.
Selon lui, les dispositifs d’assistance doivent être adaptés à leur mobilité et à leurs besoins spécifiques afin d’améliorer leur situation humanitaire et économique.
Les personnes concernées appellent ainsi les organisations humanitaires et les acteurs de développement à renforcer les actions en leur faveur, afin de garantir leur protection, leur dignité et leur accès aux services essentiels.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.
