Dans un contexte marqué par les conflits armés et une crise humanitaire persistante dans la province du Sud-Kivu, les médias communautaires s’imposent comme un outil essentiel d’information, de résilience et de cohésion sociale pour les populations affectées.
Dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu, les médias communautaires diffusent quotidiennement des messages de cohabitation pacifique, des informations humanitaires, sanitaires et économiques indispensables aux déplacés, réfugiés et retournés.
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À travers des programmes réaménagés pour répondre à l’urgence, les stations locales luttent contre les rumeurs, sensibilisent à la paix et informent sur l’évolution de la situation humanitaire.
« Le média est un lien vital entre les communautés affectées et les acteurs humanitaires. Il permet de diffuser des messages fiables et d’encourager la solidarité locale », témoigne Ishara Yambisi, journaliste à la radio communautaire de Kamanyola.
Dans un environnement marqué par l’incertitude et la vulnérabilité, cette proximité médiatique renforce la confiance et contribue à maintenir un minimum de stabilité sociale.
Même dynamique dans le territoire de Kabare, où les médias communautaires jouent un rôle clé dans la réduction des tensions communautaires.
À travers les bulletins humanitaires « Habari za Mahali », elles relaient les besoins urgents des populations affectées par les violences armées afin d’alerter les organisations humanitaires pour des interventions rapides. Ces espaces d’information donnent également la parole aux communautés locales, favorisant ainsi une communication participative et inclusive.
Selon Hobereau Kitumaini, journaliste recherchiste environnemental à Kabare, la radio contribue à apaiser les tensions en diffusant des messages de paix et en promouvant la cohabitation pacifique. Elle assure également une mission d’éducation de masse sur les droits humains, élément crucial dans un contexte de fragilité sécuritaire.
Un pont entre les communautés et les humanitaires
Pour Olivier Kiriza, coordonnateur du Réseau des Radios et Télévisions Communautaires du Sud-Kivu (RATECO), les médias communautaires constituent un véritable pont entre les populations vulnérables et les organisations humanitaires.
Dans un entretien accordé au bulletin humanitaire « Habari za Mahali » en marge de la Journée mondiale de la radio célébrée le 13 février 2026, il souligne que les radios locales alertent sur les besoins urgents et assurent le suivi des interventions en faveur des déplacés et autres personnes affectées par les conflits.
« Le rôle de la radio en période de conflit est de rester neutre, d’atténuer les tensions et de diffuser des messages de paix favorisant la cohésion sociale et le vivre-ensemble », insiste-t-il.
Un appel au soutien des radios locales
Face à l’ampleur des besoins humanitaires et à la vulnérabilité croissante des communautés, il est essentiel de renforcer le soutien aux médias communautaires , les appuyer , c’est contribuer activement à la consolidation de la paix , à la diffusion d’une information fiable et à la résilience des populations.
Dans une province où la crise humanitaire et économique continue d’éprouver les médias communautaires demeurent bien plus qu’un simple moyen de communication : elle incarne une voix d’espoir, un outil de solidarité et un levier essentiel pour la reconstruction du tissu social.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
Benjamin Kalumuna

