Intervenons-nous

    La province du Sud-Kivu fait face à une crise humanitaire de plus en plus préoccupante, marquée par des déplacements massifs de populations et une précarité grandissante des conditions de vie. Malgré cela, les communautés tentent de survivre à travers des mécanismes locaux de résilience.

    Dans plusieurs villages de la Chefferie de Ngweshe en territoire de Walungu, des familles entières ont été contraintes de fuir à la suite des affrontements armés persistants. Les déplacés se retrouvent soit dans des familles d’accueil déjà vulnérables, soit dans des abris de fortune, exposés aux intempéries et à des conditions de vie extrêmement difficiles.

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    Selon des témoignages recueillis par le bulletin humanitaire « Habari za Mahali », plusieurs déplacés affirment avoir tout perdu lors des pillages perpétrés dans leurs villages. Beaucoup ne peuvent plus retourner chez eux en raison des combats quasi quotidiens. Leurs activités,  de l’agriculture, mais l’insécurité les empêche désormais d’accéder à leurs champs, ce qui aggrave fortement l’insécurité alimentaire dans la zone.

    Les familles d’accueil, qui partagent leurs maigres ressources avec les déplacés, peinent, elles aussi à subvenir aux besoins élémentaires, notamment la nourriture, l’eau et les soins de santé.

    Une crise qui frappe l’éducation, l’alimentation et la santé

    La situation a également de lourdes conséquences sur l’éducation des enfants. Plusieurs élèves ont abandonné l’école par peur de l’insécurité, tandis que d’autres ne peuvent plus payer les frais scolaires.

     « Le déplacement massif affecte négativement la population. Les enfants n’ont plus accès à l’éducation. Il est difficile pour ces déplacés d’accéder à une bonne alimentation, et les familles d’accueil n’ont pas assez de moyens pour les alimenter », témoigne un habitant.

    Les conditions de vie précaires, le manque d’hygiène et l’exposition aux intempéries favorisent la propagation de maladies, notamment la malnutrition et d’autres pathologies liées aux changements climatiques. L’accès aux soins de santé demeure très limité, faute de moyens financiers suffisants.

    Des besoins humanitaires en constante augmentation

    Les besoins humanitaires augmentent chaque jour à cause de la complexité de la crise qui touche de nombreuses familles dépourvues de moyens de subsistance. 

    Un agent humanitaire actif dans la province regrette que, malgré les efforts des organisations internationales, les besoins continuent de croître à cause de la persistance de la crise et de l’escalade des conflits armés. Il précise que certaines organisations sont contraintes de prioriser uniquement les besoins les plus urgents et appelle les partenaires internationaux à rechercher des solutions durables.

    Idjwi : des mécanismes de résilience malgré la crise

    Dans le territoire d’Idjwi, les populations tentent de surmonter  la crise humanitaire et économique en mettant en place  des mécanismes de résilience basés sur l’agriculture et la pêche sur le lac Kivu.

    Ces activités offrent aux populations affectées par les conflits  un moyen de subsistance malgré de nombreux besoins urgents. Toutefois, les habitants restent confrontés à la pauvreté, au manque d’emplois, aux difficultés d’accès aux soins de santé, à l’insécurité alimentaire et à la crise économique.

    Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

    Edith Kazamwali

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