Dans les territoires de Walungu et Kabare, la dégradation de la situation économique liée à l’insécurité persistante continue d’avoir des conséquences alarmantes sur les enfants. A Kamanyola, plusieurs mineurs se livrent désormais à des activités commerciales et au transport de produits agricoles pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Selon les témoignages recueillis sur place, de nombreux enfants expliquent que leurs parents ne parviennent plus à satisfaire les besoins essentiels du foyer. Face à cette réalité, certains ont été contraints d’abandonner l’école pour se lancer dans des activités génératrices de revenus, considérées comme des mécanismes de survie.
« Nous avons quitté l’école pour aider nos familles », confie l’un des enfants rencontrés dans la cité de Kamanyola, illustrant une tendance inquiétante de déscolarisation progressive dans cette zone affectée par la crise.
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Les acteurs de protection de l’enfance tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent une violation des droits fondamentaux des enfants et appellent les parents à assumer leurs responsabilités malgré les difficultés. Mutabazi Kahimbi, membre du réseau communautaire pour la protection de l’enfance à Kamanyola, insiste sur l’urgence d’une réponse collective pour préserver l’avenir des enfants.
Dans le territoire de Kabare, la situation est tout aussi préoccupante. La crise économique, exacerbée par l’escalade des conflits armés, a entraîné des pertes massives de moyens de subsistance, des pillages et la disparition de nombreuses sources de revenus. Incapables de répondre aux besoins primaires de leurs enfants, plusieurs parents se voient contraints de tolérer, voire d’encourager, leur implication dans le petit commerce.
Des parents témoignent des conséquences directes sur l’éducation. « Le commerce a entraîné la déscolarisation de plusieurs élèves. Même ceux qui continuent à aller à l’école sont souvent distraits et obtiennent de faibles résultats », explique l’un d’eux. L’enfant, partagé entre l’école et la recherche de revenus, peine à se concentrer sur son apprentissage.
Au-delà de l’impact éducatif, ces activités exposent les enfants à de multiples risques, notamment les accidents de circulation, en particulier pour ceux impliqués dans le transport de marchandises sur les axes routiers.
Les sources locales soulignent que cette situation compromet gravement l’avenir de ces enfants, déjà fragilisés par un contexte humanitaire difficile. Elles appellent à une mobilisation urgente des autorités, des organisations humanitaires et des communautés locales afin de renforcer la protection de l’enfance et de soutenir les familles vulnérables.
Depuis Kamanyola et Kabare, ces réalités rappellent l’urgence d’intégrer des réponses économiques et éducatives adaptées dans les interventions humanitaires, afin d’éviter qu’une génération entière ne soit sacrifiée sous le poids de la crise.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.
Gisèle Bashwira
