Fermé depuis 2024, le Media Resource and Training Center (MRTC) d’Internews continue de laisser un vide profond dans le paysage médiatique du Sud-Kivu. Deux ans après, les journalistes de Bukavu, en particulier ceux des médias en ligne et les indépendants, peinent toujours à retrouver un cadre de travail adéquat, au point que certains ont abandonné la profession.

Pendant plus d’une décennie, depuis 2012, ce centre a constitué un pilier pour la presse locale. Il offrait un accès à internet, des espaces de travail, des formations, un studio professionnel et un accompagnement technique. Au fil du temps, il était devenu bien plus qu’un simple centre de ressources : un véritable bureau pour de nombreux médias en ligne de Bukavu, souvent dépourvus de sièges propres.

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Sa fermeture a brutalement désorganisé le travail de nombreux professionnels.

« De nombreux journalistes manquent de moyens pour subvenir à leurs besoins et ne disposent pas de rédaction fixe. L’espace d’Internews permettait de préparer et publier des reportages. Depuis sa fermeture, nous ne parvenons plus à travailler correctement », témoigne Josué Musole, Journaliste à radio Neno la Uzima de Bukavu, qui appelle à l’intervention d’autres partenaires.

Pour Rock Masu, les conséquences sont directes et visibles.

 « Depuis que Internews a fermé, beaucoup de journalistes sont au chômage. Ce centre nous facilitait le travail avec la connexion internet, le studio et un cadre adéquat. Nous préparons une lettre à adresser au bureau national d’Internews à Kinshasa pour demander la réouverture du centre à Bukavu ».

Au quotidien, l’impact est aussi matériel.

« Ce lieu constituait un bureau pour de nombreux journalistes indépendants. Avec le coût élevé du loyer à Bukavu, ils ne pouvaient pas s’offrir un cadre de travail. Aujourd’hui, ils peinent à trouver du courant, de la connexion et un environnement calme », explique Vital Maisha, journaliste à la Radio ISDR Bukavu.

Au-delà des aspects logistiques, c’est toute une dynamique professionnelle qui s’est effritée.

« Internews permettait aux journalistes d’exercer dans de bonnes conditions. Beaucoup n’ont pas d’outils de travail comme des ordinateurs ou une connexion internet. Ce centre répondait à ces besoins. Depuis sa fermeture, plusieurs journalistes ont abandonné la presse, notamment des correspondants qui utilisaient le studio », déplore Ibag Bagenda, journaliste à Radio Svein Bukavu.

Lieu de rencontres, d’apprentissage et de débats, le MRTC était également un espace de transmission intergénérationnelle. Les discussions animées entre journalistes expérimentés et jeunes reporters comme celles de feu Levy Pontien Bashonga, du « Point Capital » avec des jeunes journalistes, les heures de lecture et les productions radiophoniques ont contribué à façonner toute une génération de professionnels.

Surnommé par plusieurs la « Maison du journaliste », ce centre incarnait un modèle que beaucoup espéraient voir étendu à d’autres territoires du Sud-Kivu.

Sa disparition continue d’alimenter un plaidoyer en faveur d’un soutien accru aux médias locaux, notamment à travers la mise en place d’infrastructures durables.

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En attendant, les journalistes de Bukavu tentent de s’organiser pour faire entendre leur voix. Attendant entre précarité, surtout en cette période de guerre et espoir de réouverture ou de nouvelles initiatives, la profession reste suspendue à des solutions concrètes pour garantir des conditions de travail dignes et pérennes.

Vivement une vraie maison du journaliste à Bukavu!

Jean-Luc M.

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