Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, notamment à Kabare, Kalehe et Walungu, des familles déplacées retournent progressivement dans leurs villages d’origine après avoir fui les violences armées. Malgré les destructions, les pertes et le manque de moyens, ces populations font preuve d’une résilience remarquable, tout en faisant face à d’importants besoins humanitaires.
À Kabare, de nombreux ménages ont repris le chemin de leurs localités et tentent de reconstruire leur quotidien. Les champs sont progressivement remis en culture, et certains parents s’efforcent de renvoyer leurs enfants à l’école, signe d’un retour progressif à la normale.
Cependant, ces familles restent confrontées à des difficultés majeures, notamment le manque de nourriture, de semences agricoles et de biens essentiels, en raison des pillages subis pendant leur déplacement. Certains habitants témoignent de leur détermination à surmonter ces épreuves. Ils expliquent que la solidarité communautaire joue un rôle essentiel pour faire face aux défis quotidiens, malgré les traumatismes et les pertes matérielles.
Dans le territoire voisin de Kalehe, la situation est tout aussi préoccupante. Plusieurs familles retournées découvrent leurs maisons détruites ou gravement endommagées par les bombardements. Sur place, des habitations sans toitures, aux murs fissurés ou complètement effondrés, témoignent de l’ampleur des destructions. D’autres maisons ont été vidées de leurs portes, fenêtres et équipements domestiques, obligeant les familles à recommencer presque à zéro.
« Faute de moyens financiers, on peine à reconstruire nos habitations et à accéder aux services essentiels tels que la nourriture et les soins de santé. Le manque d’abris nous expose également, notamment les enfants et les personnes âgées, à des conditions de vie précaires », témoigne un retourné.
À Walungu, particulièrement dans la chefferie de Ngweshe, la situation est aggravée par l’absence de bâches et autres matériaux importants . Après avoir perdu les toitures de leurs maisons lors des bombardements, plusieurs familles retournées sont aujourd’hui exposées aux intempéries. Les pluies régulières fragilisent davantage leurs conditions de vie et augmentent les risques sanitaires.
Outre le manque d’abris, ces populations font également face à une pénurie de nourriture et de semences agricoles, essentielles pour relancer leurs activités champêtres et assurer leur autonomie alimentaire. Les retournés lancent un appel pressant aux organisations humanitaires afin d’obtenir une assistance d’urgence, notamment en abris, en vivres et en intrants agricoles.
Malgré ces défis, la résilience des communautés reste visible. Ce retour progressif met en lumière l’urgence d’un soutien humanitaire renforcé afin d’accompagner la réinstallation durable des populations retournées et de prévenir une aggravation de leur vulnérabilité.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.

