Intervenons-nous

Au total, 150 personnes, parmi lesquelles des femmes, des leaders locaux et des responsables religieux, ont été formées ce mercredi 25 février 2026 dans le groupement de Karhongo, territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu.

Cette activité a été organisée par la Commission diocésaine Justice et Paix du diocèse de Bukavu à travers son projet de « renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble influencé par les femmes dans le groupement de Karhongo. »

Lire aussi : Mwenga : des jeunes filles formées sur le leadership féministe, les droits des femmes et filles ainsi que l’égalité du genre (Wasichana na Amani)

L’objectif principal de cette formation était de renforcer les connaissances des participants sur le rôle des femmes leaders dans la promotion de la cohésion sociale et du dialogue inclusif.

Dans un contexte sécuritaire et politique marqué par la circulation des discours de haine et la désinformation dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’initiative vise à prévenir l’escalade des tensions communautaires.

Selon les organisateurs, la démarche consiste à réduire les risques de conflits communautaires, renforcer la confiance entre les citoyens, promouvoir le développement local à travers l’unité sociale ou encore renforcer les capacités des leaders communautaires dans la gestion pacifique des différends.

Pour Alain Cirhuza, chargé du projet au sein de la CDJP, le choix du groupement de Karhongo répond à la multiplication des défis observés au niveau des structures paroissiales de base.

Il souligne que les tensions récurrentes nécessitent un renforcement des capacités des acteurs locaux afin de leur permettre d’identifier rapidement les sources de conflits, d’en analyser les causes et d’intervenir avant leur amplification.

« Nous souhaitons que les participants puissent mener des actions de terrain qui contribuent à la cohésion sociale. À la fin du projet, ils devront être capables de mettre en place un plan communautaire favorisant la paix durable dans le groupement de Karhongo », a-t-il expliqué.

À l’issue de la session tenue dans la salle Abbé Runyoro de la paroisse de Nyangezi, les participants se sont engagés à relayer les connaissances acquises au sein de leurs communautés.

Ils entendent notamment sensibiliser sur la cohésion sociale, le vivre-ensemble et la communication non violente comme outils de prévention des conflits.

Pour Sifa Rushalika, participante à la formation, la mise en pratique des enseignements reçus peut contribuer à transformer la dynamique sociale locale.

« Nous avons appris comment vivre dans nos communautés afin d’éviter les conflits et prévenir leurs conséquences. Si nous appliquons ces connaissances, notre groupement peut changer et nous pouvons vivre ensemble sans problèmes. Je veux personnellement participer à la sensibilisation pour transmettre ce message de paix », a-t-elle déclaré.

De son côté, Nsimire Safari a insisté sur la nécessité d’un leadership communautaire responsable. Elle a particulièrement évoqué les conflits d’héritage et fonciers qui touchent fréquemment les femmes dans la zone.

Selon elle, certaines pratiques sociales continuent de limiter les droits successoraux des femmes, surtout après le décès du père de famille, un phénomène qui alimente parfois des tensions familiales.

Lire aussi : Sud-Kivu : manque de matériels et absence de formation des enseignants plombent l’éducation à Kalehe

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble influencé par les femmes dans le groupement de Karhongo. Le projet est financé par ONU Femmes et mis en œuvre par la CDJP pour une durée de neuf mois, allant de janvier à septembre 2026.

Les organisateurs indiquent que cette initiative vise à consolider la paix locale, améliorer la communication communautaire et soutenir l’autonomisation des femmes dans les mécanismes de prévention des conflits dans le territoire de Walungu.

Vinciane Ntabala

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.