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    La Société Civile du Sud-Kivu plaide pour l’organisation d’un dialogue politique sur la paix en République démocratique du Congo (RDC) qui s’attaque aux causes structurelles des conflits et repose sur la désignation de représentants crédibles. Cette position a été exprimée lors d’une table ronde organisée à Bukavu sous l’initiative de l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix.

    Les acteurs du Groupe thématique « Élection et Bonne Gouvernance » ainsi que d’autres organisations de la Société Civile ont souligné que tout dialogue futur doit privilégier la résolution des racines profondes des tensions qui affectent la stabilité du pays.

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    Les participants ont identifié plusieurs facteurs majeurs de conflictualité en République démocratique du Congo. Il s’agit notamment des manipulations identitaires et des tensions intercommunautaires, de l’opacité des processus électoraux, de la mauvaise gouvernance caractérisée par la corruption et les faiblesses institutionnelles, ainsi que de l’exploitation illégale des ressources naturelles.

    La pauvreté extrême, le chômage massif des jeunes et les influences étrangères déstabilisatrices figurent également parmi les facteurs considérés comme alimentant l’instabilité.

    Face à ce contexte, la Société Civile du Sud-Kivu recommande que tout dialogue national soit conduit par des délégués répondant à des critères stricts d’intégrité, d’indépendance et de compétence.

    Ainsi, un profil précis des représentants de la société civile a été élaboré. Les délégués doivent être des acteurs reconnus de la Société Civile, n’ayant pas appartenu à un parti politique durant les cinq dernières années et n’ayant pas été candidats aux élections de décembre 2023.

    Ils doivent également faire preuve d’indépendance politique et financière afin d’éviter toute instrumentalisation, posséder un sens élevé de l’éthique, du leadership et de la communication, et être capables de porter un plaidoyer structuré au nom des populations.

    Les critères de sélection reposent sur cinq exigences principales.

    Premièrement, la légitimité communautaire : le délégué doit être solidement ancré dans les communautés locales du Sud-Kivu et capable de restituer fidèlement leurs préoccupations.

    Deuxièmement, la capacité de fédération : dans un contexte social fragmenté, le représentant doit favoriser le consensus entre les différentes composantes de la Société Civile.

    Troisièmement, l’expertise en analyse des conflits : une maîtrise des dynamiques sécuritaires et politiques locales, nationales et régionales est requise, ainsi qu’une expérience en médiation ou en gestion des risques.

    Quatrièmement, l’indépendance face aux intérêts partisans, aux groupes armés ou aux influences économiques susceptibles d’altérer la neutralité du délégué.

    Cinquièmement, la redevabilité et la transparence, impliquant la consultation régulière de la base sociale avant, pendant et après le dialogue, ainsi que la publication des positions défendues.

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    Au-delà de la question de la représentation, les acteurs de la Société Civile ont insisté sur la nécessité de restaurer la cohérence et la crédibilité des organisations citoyennes du Sud-Kivu. Le choix des délégués ne doit pas répondre à des logiques de visibilité individuelle, mais s’inscrire dans une vision collective orientée vers la paix, la justice et la stabilité durable.

    Par ailleurs, les participants ont défini un agenda prioritaire pour le dialogue politique. Les thématiques considérées comme non négociables portent notamment sur la protection et la promotion des droits humains, la gestion de la question des réfugiés ainsi que le retour volontaire et sécurisé des déplacés internes.

    Ils recommandent également l’instauration d’un mécanisme de justice transitionnelle pour traiter les crimes du passé, la sécurisation des droits fonciers des communautés locales, la gouvernance transparente et inclusive des ressources naturelles, ainsi que le renforcement de l’État de droit et des libertés publiques.

    Tout en soutenant les processus de paix déjà amorcés, notamment ceux de Nairobi, Luanda, Doha et Washington, la société civile du Sud-Kivu appelle à éviter toute condition préalable susceptible de bloquer la tenue d’un dialogue national inclusif.

    Les facilitateurs sont invités à garantir une participation réelle de toutes les composantes de la société congolaise, particulièrement les populations à la base.

    Enfin, la Société Civile du Sud-Kivu a formulé des recommandations à l’attention du gouvernement, des partenaires internationaux et des groupes armés afin de favoriser un environnement propice à des discussions constructives.

    Elle réaffirme sa volonté de jouer un rôle de veille citoyenne et de force de proposition pour promouvoir une paix juste, lutter contre l’impunité et consolider la stabilité en République démocratique du Congo.

    Jobic Kashosi

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