La Coordination du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) de la diaspora condamne vigoureusement l’interpellation de Aubin Minaku, vice-président national du parti et ancien président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié ce dimanche 18 janvier 2026 depuis Londres, le PPRD-Diaspora dénonce ce qu’il qualifie d’« arrestation brutale et arbitraire » et alerte sur une généralisation de la répression politique en République démocratique du Congo.
Selon le communiqué signé par Sandra Nkulu Kyungu, coordonnatrice du PPRD-Diaspora, Aubin Minaku a été interpellé à son domicile à Kinshasa par des hommes armés, lors d’une opération nocturne menée « en dehors de tout cadre judiciaire clair et transparent ».
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Le parti estime que cette interpellation s’inscrit dans une « escalade répressive systématique inédite » visant non seulement la direction politique du PPRD, mais plus largement toute voix d’opposition réelle en RDC.
Le PPRD-Diaspora affirme que cette arrestation intervient dans un contexte marqué, depuis plusieurs semaines, par une multiplication d’enlèvements, d’arrestations arbitraires et de détentions sans respect des procédures légales. Le communiqué cite notamment le cas d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD et ancien candidat à l’élection présidentielle, privé de liberté depuis près de trois semaines, sans garanties procédurales ni contact régulier avec sa famille et ses avocats.
Sont également mentionnés les cas de Dunia Kilanga, Parole Kamizelo et Onassis Kavul, présentés comme des militants détenus pour leurs opinions politiques et leur engagement partisan. Pour la coordination du PPRD-Diaspora, ces arrestations traduisent une dérive inquiétante du pouvoir en place.
Le parti estime que l’exercice du droit constitutionnel à l’opposition est désormais assimilé à un délit, voire à un crime. Il s’interroge ouvertement sur la possibilité, pour les acteurs politiques, d’exercer légalement et pacifiquement leur droit à l’opposition en République démocratique du Congo, une question que le PPRD-Diaspora juge cruciale tant pour la conscience nationale qu’internationale.
Dans son communiqué, la coordination de la diaspora critique également le « silence préoccupant » de certains partenaires internationaux. Elle considère que leur inaction face à ces violations graves des libertés fondamentales s’apparente à une forme de complicité politique. Le PPRD-Diaspora dénonce une incohérence entre, d’une part, le soutien affiché aux initiatives de paix, aux accords stratégiques et aux discours sur les droits humains et, d’autre part, l’absence de réaction face à ce qu’il qualifie de destruction méthodique de l’État de droit en RDC.
Selon le parti, ces arrestations ciblées et répétées sont en contradiction flagrante avec les discours officiels sur la pacification, la réconciliation nationale et les appels au dialogue politique.
Face à cette situation, le PPRD-Diaspora formule plusieurs exigences, notamment la libération immédiate et sans condition de Aubin Minaku, d’Emmanuel Ramazani Shadary, de Dunia Kilanga, Parole Kamizelo et Onassis Kavul, ainsi que de tous les détenus politiques.
Il réclame également la cessation immédiate des arrestations arbitraires, des enlèvements et des intimidations visant l’opposition, le respect effectif des libertés publiques, du pluralisme politique et du droit constitutionnel à l’opposition, ainsi que l’ouverture d’un véritable dialogue national inclusif, sans exclusions ni persécutions préalables.
Dans cette déclaration, Sandra Nkulu Kyungu, Cheffe de la Coordination PPRD-Diaspora conclut que son parti ne cédera pas, invoquant l’héritage politique de Laurent-Désiré Kabila. Elle appelle à la résistance plutôt qu’à la capitulation.
Jean-Luc M.

